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Ce jour-là à Terre-de-Haut

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TERRE-DE-HAUT, Les Saintes (Guadeloupe) | Chaque matin, bien avant l’arrivée du premier traversier, je quitte mon chalet dressé là-haut sur un morne où parvient constamment un souffle d’alizé venant de Grande Anse.

La vue imprenable sur la baie, l’une des plus belles du monde dit-on, permet d’un seul coup d’œil de constater le nombre de plaisanciers à l’ancre ou encore l’arrivée d’un grand voilier de croisière. C’est là une façon de juger de la fréquentation de l’île pour la journée.

Une fois descendues les 57 marches qui séparent le chalet de la rue menant au cœur du village, je rejoins les Saintois qui vaquent à leurs occupations de bon matin.

Réservés comme ils le sont au premier abord – ce qui se comprend, car on les dit descendants de Bretons – ils se contentaient les premiers temps de répondre sobrement à mes salutations. Au fil des jours, les liens se sont tissés avec plusieurs et les échanges développés.

Le temps de parcourir la rue principale jusqu’à la boulangerie, et les rencontres se multiplient. Untel s’affaire à ranger à même la rue ses vélos électriques offerts en location. Untel prépare sur son coin de trottoir sous les flamboyants son four à boucaner le poulet. Untel donne le dernier coup de balai devant son comptoir de crêpes et de crème glacée face au débarcadère. Les petites nouvelles s’échangent.

À leur rythme

Au marché aux poissons, des pêcheurs préparent à la demande dorades coryphènes, thons, coffres et orphies. Dans sa brouette, Tonton Fernand, le plus actif des jardiniers de l’île, est venu proposer un peu de sa dernière récolte de choux. Au marché de fruits et légumes, le seul marchand de l’île s’active à débarquer les caisses qu’il vient d’aller chercher avec son bateau à Trois-Rivières, en face sur la grande île.

Les gens de la petite île de Terre-de-Haut, et avec eux ceux qui ont choisi de poser là leur valise pour quelque temps, vivent à leur rythme, lent et paisible. Cela dure pour moi deux bonnes heures chaque matin.

Une baguette sous le bras, entamant le retour vers là-haut, j’ai le temps d’aller siroter un café au centre éconautique que tiennent Sylvie Lavoie et Yves Blanchette, un couple québécois installé à Terre-de-Haut depuis sept ans.

Dans les deux chalets qu’ils louent sur leur propriété, à quelques pas de la baie, ils reçoivent régulièrement des touristes québécois. Avec ces visiteurs, arrivent ainsi les petites nouvelles du Québec et une joie de vivre qui détonne parfois dans le milieu saintois réservé de nature.

Neuf heures ont sonné quand je repasse du côté du débarcadère où plusieurs traversiers viennent d’accoster, débarquant par centaines les visiteurs d’un jour. Ceux-ci, pressés d’aller découvrir les belles plages de Terre-de-Haut et le fort Napoléon, se hâtent de conclure une location, qui à vélo ou en véhicule électrique, qui à scooter, qui en minibus.

Avant de remonter au chalet, du quai j’ai le temps de saluer Sylvie Lavoie qui est déjà à l’œuvre auprès d’un groupe de croisiéristes débarqués d’un grand voilier. Elle va leur faire découvrir la faune des fonds marins de la baie à bord de kayaks transparents.

Ainsi va la vie à Terre-de-Haut.

 

Repères

  • L’île de Terre-de-Haut, aux Saintes, est reliée tous les jours à Trois-Rivières par plusieurs traversiers (dont CTM Deher) et certains jours à Pointe-à-Pitre (L’Express des Îles).
  • Au départ de Saint-François (Guadeloupe), on peut se rendre à Terre-de-Haut, ou encore combiner la visite des Saintes, de Marie-Galante et de la Désirade grâce à un laissez-passer (89€) de la compagnie Babou One. www.babouone.fr
  • Air Transat, durant la saison hivernale, ainsi qu’Air Canada desservent la Guadeloupe au départ de Montréal.