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Une décision juste de Pabon

Jean Pascal a connu des ennuis au 3e round. Il s’est bien repris par la suite, jusqu’au fatidique 8e round.
Photo Pierre-Paul Poulin, Journal de Montréal Jean Pascal a connu des ennuis au 3e round. Il s’est bien repris par la suite, jusqu’au fatidique 8e round.

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Un gala de boxe avec un seul combat, voilà ce qui attendait les 14 000 spectateurs au Centre Bell, samedi. L’amateur de boxe y a néanmoins trouvé son compte malgré l’absence de saveur locale. Des milliers de spectateurs se sont amenés d’ailleurs en fin de soirée, car ils n’en bavaient que pour la finale.

La finale de 12 rounds entre le tank russe Sergey Kovalev et le Québécois Jean Pascal a donné les résultats escomptés, sauf la victoire pour le pugiliste local.

Il n’a pu enlever les championnats mondiaux des mi-lourds WBA, WBO et IBF au monarque. Le quatrième, celui du WBC, appartient à Adonis Stevenson, qui n’a pas l’intention d’en faire cadeau.

Kovalev a triomphé par knock-out technique à 1 minute 3 secondes dans le huitième assaut devant une foule qui ne savait jamais si elle devait s’asseoir ou rester debout. Elle a réservé des ovations aux boxeurs à la conclusion de chacun des rounds.

L’arbitre portoricain Luis Pabon a appliqué la première règle en mettant un terme au combat, car il jugeait la sécurité de Pascal en jeu. Il a pris peu de temps à réagir et il ne peut s’en remettre à la reprise vidéo. Tout repose sur son expertise et sa vision du combat.

Dans les circonstances, on ne peut le blâmer, sauf si on espère un carnage ou un K.-O. qui permettrait de belles photos, de blesser le perdant et de le mettre au rancart pendant plusieurs semaines.

Ironiquement, je me permettrais de rappeler que le réseau ESPN lui a déjà décerné le titre de plus mauvais arbitre à cause de son empressement à vouloir terminer un combat avant que le déroulement ne lui force la main. C’était en 2012...

Pascal a de plus l’habitude d’ouvrir la machine dans la dernière minute des rounds.

Un carrousel d’images

Quand l’arbitre Pabon a agité les bras, c’était la désolation dans le camp Pascal. En analysant la reprise dans les prochains jours, l’aspirant et sa garde rapprochée jugeront d’eux-mêmes. Le résultat restera toutefois le même.

L’arbitre gardait sûrement en tête les images du septième round qui semblaient se répéter au 8e assaut quand Kovalev a lancé une puissante droite. Il était appelé à partir vers un monde flou. À moins d’un coup venu de nulle part, une spécialité de Pascal, le combat fonçait droit dans un mur pour le vaincu.

Dans le coin, appuyé contre les câbles, Pascal captait probablement des images que lui seul pouvait voir.

Que dire de ce troisième round où Pascal a pris le compte de huit, les jambes sciées en deux. D’autres arbitres auraient agi à ce moment-là.

La tête haute

Dans la défaite, Pascal a fait preuve de courage. Très peu de boxeurs auraient renversé la vapeur après ce désastreux troisième round. On le croyait anéanti, il est venu chercher les 4e et 5e rounds. L’ego n’a pas que son mauvais côté.

L’entraîneur Marc Ramsay et son protégé ont accepté la décision qui anéantissait tant de semaines d’entraînement. Le boxeur n’a pas tout perdu, au contraire, il a gagné beaucoup. Une revanche serait la bienvenue. La suite deviendra captivante dans les négos et les projets. Adonis Stevenson s’intégrera éventuellement dans l’équation.

S’il y a un petit détail qui agace, c’est l’incapacité de l’élite locale à gravir la dernière marche à un moment donné contre un groupe très restreint de la classe mondiale. Il n’y a pas de honte à perdre contre Carl Froch, Bernard Hopkins et Kovalev, les trois défaites de Pascal.

Reste à découvrir la réaction de Stevenson dans de pareilles circonstances.


Pour Québec

Le mois de septembre s’annonce captivant pour Québec si les astres s’alignent. Dans un amphithéâtre tout neuf, Adonis Stevenson pourrait se retrouver contre Sergey Kovalev au tournant de l’été. Une belle façon d’attirer une très grosse foule que cette combinaison d’un édifice moderne, d’un champion comme Kovalev et de l’aspirant Stevenson, celui sur qui reposerait des espoirs de reconquête d’un titre mondial.

Bute, rien à dire

J’aimerais vous dire des choses sur Lucian Bute, ne serait-ce qu’il fera partie de la sous-carte en avril ou septembre, à Québec, question de reprendre le collier, mais il ne circule rien dans son cas. L’ex-champion était présent, samedi, dans la plus grande discrétion. Il demeure un gars populaire néanmoins auprès des amateurs de boxe. Espérons qu’on le verra en sous-carte.

Des pointages semblables

Il n’existait pas de grands écarts dans les pointages des juges officiels et des amateurs qui se concentraient sur le déroulement du combat en le marquant. Mon collègue Serge Cloutier, du Saguenay, montrait un pointage de 69-64 après sept rounds comparativement à 68-64 dans mon cas.