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La CAQ propose une probation de trois ans pour les immigrants

François Legault
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark Le chef de la CAQ, François Legault.

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QUÉBEC – La Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite accorder aux immigrants un délai de trois ans pour apprendre le français, assimiler les valeurs québécoises et démontrer leur volonté à s’engager sur le marché du travail.

À défaut de satisfaire à ces exigences, les nouveaux arrivants se verraient refuser la délivrance du certificat de sélection du Québec, un document nécessaire pour l’obtention du statut de résidence permanent et de la citoyenneté canadienne.

François Legault et Simon Jolin Barrette
François Legault
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

Plaidant en faveur d’une révision en profondeur du modèle d’immigration au Québec, la CAQ a proposé lundi un «nouveau pacte» basé sur le principe de la responsabilité partagée entre les immigrants et la société d’accueil.

Le parti de François Legault suggère de créer un certificat d’accompagnement transitoire des immigrants d’une durée de trois ans.

À l’issue de cette période de probation, les nouveaux arrivants seraient évalués «sur leur niveau de connaissance du français, leur connaissance de l’histoire et des valeurs de la société québécoise et la démarche qu’ils ont entreprise vers l’employabilité», a indiqué le chef caquiste.

Les candidats qui ne réussissent pas l’évaluation bénéficieraient d’une année de sursis et d’un second essai pour tenter d’obtenir leur certificat de sélection.

De son côté, le gouvernement devrait améliorer ses politiques en matière de francisation, d’intégration et d’emploi pour les immigrants.

La CAQ propose notamment d’augmenter l’offre des cours de francisation et de les adapter aux besoins et aux horaires des populations immigrantes.

Elle souhaite également rendre obligatoire le cours «Objectif intégration» afin de s’assurer que les immigrants âgés de plus de 18 ans «soient initiés aux valeurs fondamentales inscrites dans la Charte des droits et libertés de la personne et aux orientations culturelles de la société québécoise».

Fait à noter, une personne qui contreviendrait à une «disposition fondamentale» de la Charte, par exemple en se rendant coupable de discrimination fondée sur le sexe, l’orientation sexuelle ou l’origine ethnique, pourrait être jugée inéligible à subir l’évaluation menant au certificat de sélection du Québec.

«Le Québec est une société interculturelle qui souhaite mettre en place les outils nécessaires pour que ses immigrants réussissent à se réaliser et s’épanouir pleinement chez elle. Mais la société québécoise souhaite également que ces derniers aient une connaissance minimale du français, respectent ses valeurs fondamentales et démontrent la volonté de s’engager sur le marché du travail», a déclaré François Legault.

Les différentes obligations proposées par la CAQ s’appliqueraient aux immigrants de la catégorie des «travailleurs qualifiés», qui représentaient 58,3 % des nouveaux arrivants admis au Québec en 2013.

Selon le porte-parole caquiste en matière d’immigration, Simon Jolin-Barrette, «ce nouveau pacte est nécessaire pour concilier à la fois les préoccupations des Québécois, qui forment une nation francophone qui souhaite que ses valeurs soient respectées, avec les nécessités économiques et démographiques de l’immigration».

La CAQ propose par ailleurs de revoir l’Accord Canada-Québec relatif à l’immigration afin que le Québec puisse disposer des pleins pouvoirs de sélection des immigrants accueillis dans le cadre de la politique de regroupement familial. Ces derniers représentaient 23,9 % des nouveaux immigrants admis au Québec en 2013.

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