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L’enfant et sa place dans la famille

L’enfant et sa place dans la famille

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Sarah, 4 ans: «Maman, habille-moi!»

Sarah, 4 ans: «Maman, habille-moi!»

Maman: «Sarah, tu es capable toute seule, allez!»

Sarah: «Non, je veux que tu m’habilles, bon!»

Maman: «Tu es grande maintenant, sois raisonnable. Moi, je dois m’occuper de ton petit frère et du bébé...»

Sarah s’écrase au sol et attend...

La maman, avec impatience dit: «T’es plus un bébé!! Allez!!»

Dans la dynamique familiale qui l’attend, la petite Sarah aura plusieurs choix devant elle.

Elle peut continuer à demander de l’aide pour combler son besoin d’attention ou elle peut devenir autonome et très raisonnable pour faire plaisir à sa maman.

Être l’aîné d’une famille de trois ou le benjamin, être enfant unique, avoir des demi-frères ou demi-sœurs ou être dans une famille majoritairement masculine ou féminine, apporte un vécu fort différent, des exigences différentes de la part des parents influencent la vie de l’enfant. Chacun aura ses façons de s’adapter à sa position, à son rôle dans la famille, en tenant compte des attentes et désirs des parents et de ses propres besoins.

Pas de rang idéal

De façon générale, l’aîné est celui qui a eu ses parents à lui seul avant la naissance de ses frères et sœurs et qui vit donc la perte de ce privilège et de toute cette attention.

Il porte aussi souvent le statut d’aîné en étant «raisonnable», ce qui lui impose de réprimer son agressivité ou sa colère. Il peut également recevoir beaucoup de responsabilités ou encore cherchera à être le papa ou la maman de ses frères et sœurs. Il est le modèle à suivre pour les plus jeunes et tend à ouvrir le chemin des négociations pour toutes les premières fois.

Le plus jeune d’une famille de deux, trois ou quatre tend à demeurer le «bébé» de la famille. En général, les parents ont moins d’exigences à son endroit, mais le piège est justement de l’infantiliser. Il peut être jalousé par les plus vieux qui y verront un privilège.

L’enfant «sandwich», pris entre l’aîné et le benjamin, est souvent «tiraillé» entre son désir de s’associer au grand et celui de redevenir bébé. Il peut passer inaperçu et cherchera donc à se distinguer d’une façon ou d’une autre. Il se retrouve donc tantôt en alliance avec l’aîné, tantôt avec le plus jeune.

La place des parents

La place qu’a occupée chacun des parents vient aussi influencer la place et le rôle attribués aux enfants.

Par exemple, une mère qui a été l’aînée de la famille et a dû s’occuper de ses frères et sœurs exigera peut-être la même chose de l’aîné de ses enfants, ou l’inverse. Un père ayant eu une sœur qui faisait des crises de colère pourrait se trouver déstabilisé devant sa fille en crise, revivant inconsciemment sa position de petit frère. Une mère ayant grandi avec un frère qu’elle trouvait détestable pourrait avoir tendance à prendre parti pour sa fille lors des conflits ou à la protéger contre le fils qu’elle trouve «tannant».

Il n’existe pas de position ou de rôle idéal dans une famille, chacun ayant ses avantages et ses inconvénients. Mais la prise de conscience de ce qu’on fait et des raisons pour lesquelles on le fait, de l’impact de notre vécu sur nos propres réactions, permet de choisir les gestes qu’on veut poser, les attitudes, les comportements et les valeurs qu’on veut garder et transmettre à l’intérieur de nos limites personnelles.

Bonne réflexion!

Psychologue, auteure et chargée de cours à l’Université Laval, Nathalie Parent est cofondatrice du site web www.multiressourcesquebec.com