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Les monuments

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Photo Reuters

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Après des semaines de préparation hivernale, les vedettes mondiales du cyclisme ont enfin rendez-vous dimanche avec une grande classique centenaire, la course Milan-San Remo, longue de près de 300 kilomètres.

Au cours du prochain mois, les milliers d’amateurs de vélo vont s’entasser le long des parcours mythiques en France, en Italie et en Belgique.

Milan-San Remo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix représentent des «monuments» du cyclisme. Pour les coureurs, il est aussi prestigieux de remporter l’une de ces classiques que de gagner un grand tour.

C’est la véritable culture du cyclisme qui s’exprime. Bien sûr, il y a les jambes et la stratégie, mais la chance, les pépins et la météo jouent aussi un rôle important. En 2013, Milan-San Remo a été neutralisée en raison de la neige et nous avons subi un transfert par autobus avant de reprendre la route après un arrêt d’une heure trente.

Sept heures d’effort

La victoire à Milan-San Remo se joue souvent au sprint, mais les côtes en fin d’épreuve favorisent les attaquants. Dans la course la plus longue du calendrier, il faut tenir le coup physiquement et mentalement. Il n’y a souvent plus de train pour amener un sprinteur jusqu’à 200 mètres de la ligne. Sept heures de vélo, c’est long.

Pour réussir, il faut parcourir parfois cette distance à l’entraînement. En 2012, dans les Pyrénées, j’avais grimpé le Tourmalet deux fois avant de revenir en solitaire et sous la pluie à ma voiture. Il faut être déterminé.

Dimanche, le peloton devra donc franchir cinq côtes dans les derniers kilomètres, et ça fait mal. Au sommet du dernier, le Poggio, il reste une descente sinueuse et seulement 5,5 km vers le fil d’arrivée de la Primavera.

Fabian Cancellara (Trek) sera dans le coup. Il a la force brute, l’endurance et surtout l’expérience. Peter Sagan (Tinkoff-Saxo) a gagné la cinquième étape à Tirreno-Adriatico et son punch est meilleur. Comparé à Cancellara, il est plus rapide au sprint, mais il faut passer tout ce qui vient avant. Vainqueur en 2014, Alexander Kristoff est prêt. Il aura encore des réserves au bout de 300 kilomètres.

Gerald Ciolek (MTN-Qhubeka) a gagné en 2013, mais son équipe est moins puissante. Philippe Gilbert sera encore à surveiller, et Nibali pourrait surprendre. L’Australien Simons Gerrans (Orica) est malheureusement blessé.

Gallopin impressionne

Le Français Tony Gallopin (Lotto), qui est venu quelques fois à Montréal et à Québec, a offert une solide performance sur Paris-Nice. Il est jeune et il commence à être solide.

Le gagnant, Richie Porte (Sky) est très fort dans les courses d’une semaine. Reste à savoir s’il sera en mesure de tenir le coup sur trois semaines lors du Tour d’Italie en mai.

J’ai lu qu’il pratiquait aussi la natation l’hiver pour s’entraîner. Il dit que ça l’a beaucoup aidé. J’en suis convaincu. J’ai moi-même commencé à nager cet hiver pour le plaisir et j’ai découvert à quel point c’est difficile de restreindre son apport en oxygène.

— Propos recueillis par Jean-François Racine