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Au pitt à coqs à Marie-Galante

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GRAND-BOURG, île de Marie-Galante (Guadeloupe) | L’île ne compte plus qu’un seul gallodrome. Les amateurs de combats de coqs se donnent donc rendez-vous au pitt à coqs de Saint-Marc le dimanche après-midi.

Il s’agit d’un simple hangar en tôle, reconnaissable au dessin représentant des coqs qui orne son flanc.

Cinq combats étaient programmés ce jour-là. Pendant que les dirigeants du gallodrome effectuaient la pesée des coqs inscrits, les estrades se garnissaient tranquillement.

Le fait de me présenter en compagnie de Georges, mon vieil ami marie-galantais, m’a valu de pouvoir m’installer à son côté au premier rang, normalement réservé aux propriétaires de coqs.

Georges, qui est un habitué, est connu de tout le monde dans ce quartier comme à travers toute l’île de Marie-Galante d’ailleurs. Il ne manque guère de combats. Le pitt à coqs représente sa sortie du dimanche après-midi.

Car le gallodrome est avant tout un lieu de convivialité. Le hangar abrite en effet à la fois le pitt à coqs, un bar, un espace de restauration et des tables où se jouent des parties de dominos.

Les coqs, qui pèsent entre 1,8 kg et 2 kg, sont appelés à lutter contre un adversaire du même poids. Se basant sur la seule apparence des coqs ou sur la renommée des propriétaires, les amateurs lancent leurs paris dès que les deux combattants arrivent dans l’arène. «30€ sur le blanc!», lance quelqu’un, espérant qu’un autre dans l’assistance relèvera le pari. En cas de victoire de son coq, le parieur se verra remettre le montant du pari par l’autre joueur.

De leur côté, les deux propriétaires des coqs ont convenu d’un montant, que le perdant devra remettre à son adversaire par l’intermédiaire de l’arbitre. Les montants peuvent être de plusieurs centaines d’euros, nous dit-on.

Rituel et combat

Avant que le combat ne commence, se déroule un rituel. D’abord, à l’aide de bandelettes, les soigneurs adaptent aux pattes des coqs des ergots métalliques et leur massent une dernière fois le corps. Puis, les combattants sont soumis à l’inspection de l’arbitre.

Quand l’arbitre sonne la cloche, les propriétaires des deux coqs mettent leurs protégés face à face avant de se retirer de l’aire circulaire dans laquelle vont évoluer les coqs.

Les combats ne durent jamais bien longtemps. Ce jour-là, plusieurs coqs, sentant la supériorité de leur adversaire, ont abandonné la partie, déclenchant ainsi la fin du combat. Il n’y eut ni mort, ni blessure grave. Mais cela peut évidemment se produire.

À quelques reprises durant l’année, a lieu une «grande tournée» qui se traduit par des combats toute la journée. Des propriétaires viennent alors de Guadeloupe aussi pour faire combattre leurs coqs.

Interdits dans bien des pays, les combats de coqs sont toujours légaux (n’en déplaise à Brigitte Bardot) en France, soit en Nord-Pas-de-Calais, en Guadeloupe et en Martinique, où cette pratique relève d’une tradition culturelle ininterrompue.

Ce jour-là au pitt à coqs de Marie-Galante, l’assistance d’une soixantaine de personnes se composait d’une poignée de non-Antillais.

 

Repères

  • On ne compte plus qu’un pitt à coqs sur l’île de Marie-Galante, par contre la Guadeloupe en possède plusieurs. La Désirade a également son gallodrome.
  • L’île de Marie-Galante est reliée tous les jours à Pointe-à-Pitre par L’Express des îles et Val Ferry, et aussi certains jours à Saint-François et à Terre-de-Haut (Les Saintes).
  • Au départ de Saint-François (Guadeloupe), on peut se rendre à Marie-Galante ou encore combiner la visite des Saintes, de Marie-Galante et de la Désirade grâce à un laissez-passer (89€) de la compagnie Babou One. www.babouone.fr
  • Air Transat, durant la saison hivernale, ainsi que Air Canada desservent la Guadeloupe au départ de Montréal.
  • Malgré ses tarifs prohibitifs, Air Canada fait payer sa bouffe industrielle à ses passagers.