/misc
Navigation

Et tous ceux...

Et tous ceux...
Illustration Christine Lemus

Coup d'oeil sur cet article

Et tous ceux qui sont violents, derrière leurs portes fermées, dont vous ne verrez jamais la violence, dont vous ne verrez jamais la méchanceté. Ils auront la chance de ne jamais être pris, de ne jamais être jugés, et nous les regarderons, et vous les regarderez, avec respect, car vous ne saurez jamais.

Et tous ceux qui passent les portes des salons de massages, ces pères, ces maris, ces hommes anonymes, vous leur serrez la main, vous ne remettez pas en question leur intégrité, vous ne les montrerez pas du doigt, car vous ne saurez jamais.

Et tous ceux qui mentent, et tous ceux qui frappent, et tous ceux qui volent, et tous ceux qui font des erreurs. Et tous ceux qui s’en sortiront indemnes et qui ne perdront jamais tout, car ils passeront sous le radar ou seront protégés. Et tous ceux dont on ne parle pas et tous ceux dont on ne parlera jamais.

Et tous ceux qui s’expriment et tous ceux qui ont une opinion et qui l’expriment violemment, car ils ont la vérité, car ils n’ont, selon eux, jamais rien fait.

Et tous ceux qui font la morale. Car on se sent si bien derrière son écran, innocent jusqu’à preuve du contraire.

Enfin un coupable, enfin, quelqu’un qui paie pour tous, et qui perd tout, pour nous rappeler, que nous sommes si bons. Que nous sommes si bien. Que nous sommes si justes. Le montrer du doigt pour se rappeler comme nous sommes irréprochables.

Quand le gris n’existe plus, quand le noir et le blanc l’emportent, quand la rumeur publique se convainc que nous ne sommes réduits qu’à un geste, qu'à une erreur, qu’à une déviance.

Et tous ceux qui en parlent, qui font semblant de faire la part de choses. Et tous ceux qui en rient.

Je ne vais pas spécifier de qui ni de quoi je parle. Tirez-en vos propres conclusions. Et commentez, et polarisez, et déversez votre beau regard propre qui n’a rien à se reprocher sur le sujet dont vous pensez que je parle.

Qu’on juge ou qu’on pardonne, personne n’essaie de comprendre.

Qu’on condamne ou qu’on banalise, personne ne voit ce qui se passe derrière les portes fermées d’une vie qui s’écroule.

 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.