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Anneau couvert :le changement surprenant du maire Labeaume

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Comme le veut le proverbe, il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée. De toute évidence, le maire de Québec nous a prouvé qu’il ne l’était pas cette semaine dans le dossier de l’anneau de glace couvert, un projet de 100 millions de dollars.

À la surprise générale, il a décidé de mettre sur la glace ce projet qui lui était si cher, sa première promesse électorale en 2007. Une sage décision à mon avis, mais difficile à comprendre.

Coûts d’exploitation

Qui aurait pu penser que Régis Labeaume prendrait ses distances de l’anneau de glace? L’an passé, après sept années d’efforts, il avait même réussi à convaincre les deux paliers de gouvernement. Le fédéral s’était engagé pour un montant de 32,5 millions et le provincial, pour 32 millions. L’argent des gouvernements est toujours sur la table, mais le maire craint maintenant les coûts élevés d’exploitation.

Pourtant, le 3 mars 2014, lors du conseil municipal, le maire défendait bec et ongles l’investissement en soutenant, chiffres à l’appui, que l’anneau se construirait à coût nul ou presque. Il avait parlé d’un emprunt de 6 millions de dollars sur les 32,5 millions promis par la Ville. Il affirmait qu’en construisant un anneau couvert avec plusieurs glaces, la Ville éviterait de devoir se doter d’un nouvel aréna qui coûterait de 20 à 25 millions de dollars pour répondre aux besoins des joueurs de hockey et des patineurs. Ses explications avaient même rassuré le chef de l’opposition, qui était plutôt réticent.

Ce n’est pas tout, l’an dernier, en pleine campagne électorale, le maire avait martelé qu’un projet comme l’anneau de glace couvert était essentiel et urgent pour la région de Québec. La CAQ était le seul parti à avoir osé dire que les contribuables n’avaient pas les moyens de se payer un tel projet non prioritaire. François Legault avait dit: «L’argent ne pousse pas dans les arbres, on n’offrira pas de bonbons électoraux.» Régis Labeaume n’avait pas apprécié, il avait même accusé le parti de s’en prendre aux athlètes de haut niveau pour se faire du capital politique.

Risques

Un an plus tard, la position du maire a changé du tout au tout. Il a refait ses chiffres la semaine dernière et estime que c’est trop risqué. En fait, ce changement soudain est tellement étonnant que je m’interroge sur ses réelles intentions. Comme le président du centre national Gaétan-Boucher, j’ai l’impression qu’il s’agit d’un cri du cœur, qu’il veut mettre de la pression sur Ottawa pour qu’il fasse de cet anneau un centre d’entraînement national.

Quoi qu’il en soit, le ministre Hamad a confirmé cette semaine que l’argent promis pour ce projet ne sera pas éternellement disponible. Le maire Labeaume est maintenant prêt à prendre le risque de perdre la subvention. Mais il a aussi tout à gagner sur le plan politique puisque les citoyens de Québec semblent plus préoccupés par les finances publiques de leur ville que par le désir d’avoir un anneau couvert.

 

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