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La région se distance de la foi

De plus en plus d’églises ferment, sont vendues ou même transformées

L’abbé Mario Tremblay reste serein même si la pratique du catholicisme est en chute libre un peu partout au Québec.
Photo Jérémie Legault L’abbé Mario Tremblay reste serein même si la pratique du catholicisme est en chute libre un peu partout au Québec.

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Selon un sondage CROP, 59 % des Québécois se disaient encore catholiques en 2014. Pourtant, dans la région, les églises ferment, sont vendues ou même transformées en complexes funéraires. Tout porte à croire que les pratiques religieuses entament leur dernier chemin de croix.

Bien assis dans la sacristie avant sa messe de 16 heures, le prêtre séculier Mario Tremblay dépeint la situation actuelle des pratiques religieuses: «Oui la religion est en baisse, oui c’est inquiétant, mais, après des siècles d’existence, il fallait s’y attendre.» Le quatrième plus jeune abbé de la région est bien conscient que les pratiques religieuses ont atteint un seuil critique.

«Aujourd’hui, s’il y a 12 personnes à la messe, je vais être content. C’est peu, mais je sais qu’ils vont être ici par conviction», convient-il.

Andrée Larouche enseigne depuis quatre ans la théologie à l’Institut de formation théologique et pastorale de l’UQAC. Selon elle, la chute drastique des pratiques religieuses se traduit par une mutation des croyances.

«La religion en tant que telle n’est pas en baisse, les gens se tournent juste plus vers des philosophies et des mentalités que vers le catholicisme ou l’Islam par exemple», affirme-t-elle.

Solide, mais ébranlée

Après que l’abbé Mario Tremblay a terminé de réciter les derniers psaumes de sa messe de 16 heures à la paroisse Saint-Jean-Eudes, une des rares paroissiennes présentes s’exprime sur sa foi.

Anita Bouchard, 72 ans, fait partie de ceux qui accordent toujours une place importante à la religion dans leur vie quotidienne: «Ma foi m’a toujours été utile dans ma vie. Grâce à elle, j’ai pu surmonter bien des obstacles, croyez-moi!»

Avec la baisse de popularité des pratiques religieuses viennent des fermetures d’églises comme la paroisse Saint-Georges de Jonquière ou encore celle de Notre-Dame-de-Grâce à Chicoutimi qui sera transformée en complexe funéraire dans les prochains mois.

De quoi ébranler la foi des plus croyants comme Mme Bouchard: «Ça fait peur. Si on perd notre église, il va falloir se déplacer loin pour aller à la messe et qui sait quand ça va arrêter?» souffle la septuagénaire.