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Encore une erreur dans nos prisons

Francis Boucher
Photo Sureté du Québec

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Je ne sais pas ce qui se passe dans nos prisons, mais il y a un manque flagrant de sécurité.  Après l'évasion spectaculaire par hélicoptère survenu le 7 juin dernier au Centre de détention de Québec, je croyais qu'on avait compris le message et qu'on avait resserré les mesures pour s'assurer que nos détenus ne puissent quitter leur prison aussi facilement.  Eh bien il faut croire que non.  

Le fils de Maurice Mom Boucher, Francis, a réussi ce matin à quitter la prison de Bordeaux sans avoir à se casser la tête.  Il a été libéré par erreur.  Oui, vous avez bien lu.   Il lui restait pourtant 2 mois à purger pour menaces de mort envers les policiers.  Il aurait peut-être trouvé un subterfuge pour se retrouver libre comme l'air.  On ignore lequel, une enquête est en cours.  

En ce moment, plusieurs personnes sont mobilisées à la Sûreté du Québec pour mettre le grappin sur Francis Boucher, qui a un lourd passé criminel.  Âgé de 39 ans, il est un ancien membre des Rockers et il a déjà été condamné à 10 ans de prison pour gangstérisme, complot pour meurtre et trafic de stupéfiants dans le cadre de l'opération "Printemps 2001".

À 19h41 ce soir, soit plus de 8 heures après les évènements, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a envoyé une déclaration aux médias pour dire que c'est inadmissible et que différents scénarios sont étudiés pour augmenter la sécurité de nos établissements carcéraux, dont la mise en place d'un système de reconnaissance biométrique qui mesurerait et analyserait les attributs physiques des personnes, comme par exemple l'iris, les empreintes digitales et même les inflexions de la voix.

Mais à la base, il faut du personnel fiable, allumé, qui ne craint pas les menaces, ne succombe pas au chantage et ne se laisse pas influencer par l'argent. Rappelez-vous la gestionnaire du centre de détention de St-Jérome, Jacky Simard, qui a été accusée d'avoir pris part à un réseau de trafic de drogue.  Elle a heureusement été congédiée, mais la femme de 43 ans occupait quand même un poste de gestionnaire du renseignement sécuritaire. Et que dire de l'ex-policier Benoit Roberge, ancien expert des motards de la police de Montréal, qui avait vendu des informations aux Hell's Angels.  Heureusement, il a été condamné, mais ça démontre quand même à quel point on doit redoubler de vigilance.  

J'ignore ce qui s'est passé lundi.  Francis Boucher a -t-il reçu l'aide d'un complice à l'intérieur qui s'est arrangé pour le laisser quitter comme si de rien n'était?  Un système de reconnaissance biométrique aurait-t-il pu éviter cette erreur?  L'enquête nous permettra d'en savoir plus.  Sauf qu'il est clair que le gouvernement doit agir et vite.  Des évènements comme ceux d'aujourd'hui, qui s'ajoutent à d'autres inacceptables, effritent notre confiance envers les autorités carcérales.  On tient à notre sécurité.