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182 détenus libérés par erreur depuis 2006 au Québec !

PRISON BORDEAUX
(PRISON BORDEAUX)
photo d’archives

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Journée portes ouvertes à Bordeaux

C’est quand même gênant, avouons-le. Plus de trois jours après la « sortie par erreur » de Francis Boucher de l’établissement de détention de Montréal (Bordeaux), de nombreuses questions se posent. On en aurait sûrement moins entendu parler si celui qui est maintenant en liberté illégale n’était pas le fils de l’autre, celui qui purge une peine de prison à vie pour les meurtres de gardiens de prison. Pire encore, on apprend qu’il ne s’agit pas d’une situation inhabituelle dans notre système correctionnel québécois. On sait maintenant que 182 détenus ont été libérés par erreur de nos prisons québécoises entre 2006 et 2014.

La ministre de la Sécurité publique, madame Lise Thériault a beau insister sur le fait que la situation s’est améliorée en disant que pour 2013-2014, puisque seulement 17 prisonniers avaient été libérés par erreur durant cette période, ça demeure inquiétant quand même. Est-ce qu’il s’agit de tout autant de stratagèmes ? Il y a quelqu’un qui n’a pas appris de ses erreurs en matière de libération de détenus au Québec.

C’est un peu comme les évasions à l’hélicoptère. Ce n’est pas après qu’il faut agir mais avant ! Je veux bien croire que le phénomène est relativement nouveau chez nous mais il me semble qu’après la première évasion, quelqu’un doit prendre les mesures pour empêcher toute nouvelle tentative. Après la seconde évasion à Québec, on attend toujours le déploiement de mesures de sécurité pour protéger l’accès des cours des prisons.

Ce qui est difficile à comprendre ici est qu’il faut attendre au 182ème détenu libéré par erreur pour finalement comprendre qu’il y a un problème, et un sérieux à part de ça. Je veux bien croire que Bordeaux est comme une petite ville. Il n’y a pas un gardien derrière chaque prévenu ou détenu mais est-ce qu’il y en a assez pour s’assurer que le processus de libération soit plus rigoureux ? Il est où le problème ? Est-ce une pénurie de ressources ou manque de rigueur ?

Il y a maintenant 2 enquêtes concernant cet événement. Celle des policiers et celle des autorités de la prison. Bien sûr la direction de Bordeaux a suspendu, avec solde, un agent correctionnel pendant la durée de l’investigation. Complice ou négligent ? On ne le sait pas encore mais pourquoi un seul si le processus de remise en liberté implique plusieurs agents.

Les raisons de cette « erreur » peuvent être multiples. Problème informatique, supposition de personne, complicité, négligence, manque de personnel, processus pas assez rigoureux, corruption et sans oublier le fameux « stratagème ». Tout est possible pour expliquer comment il se fait qu’un détenu passe la porte de sortie avant son tour. L’enquête est en cours...


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