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Des déneigeurs dénoncent une «concurrence déloyale»

Des déneigeurs s’estiment victimes de concurrence déloyale de la part des agriculteurs.
Photo Josée Hamelin Des déneigeurs s’estiment victimes de concurrence déloyale de la part des agriculteurs.

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SAINT-HYACINTHE - Des entrepreneurs en déneigement dénoncent la concurrence déloyale dont ils se disent victimes de la part d’agriculteurs qui paient leurs plaques d’immatriculation une fraction du prix des leurs.

«Pour les véhicules commerciaux, ça fonctionne en fonction du poids alors que pour les agriculteurs, ça coûte 39,09 $, peu importe la grosseur du tracteur», explique Mathieu Chabot, des Entreprises Chabot et associés de Saint-Hyacinthe.

Eric Guertin possède six chargeuses pour lesquelles il paie environ 750 $ d’immatriculation. «Au bout de dix ans, je vais avoir payé 45 000 $ d’immatriculation alors que pour la même période, un agriculteur qui en a autant paiera seulement 2400 $», dénonce-t-il.

Selon lui, le prix des plaques d’immatriculation devrait être le même pour tous ceux qui font du déneigement. «Nos véhicules n’endommagent pas plus les routes que les leurs», fait-il valoir.

À la SAAQ, le porte-parole de Contrôle routier Québec, Éric Santerre, confirme qu’un tracteur de ferme peut être utilisé à toutes fins, y compris le déneigement.

Arrondir ses fins de mois

Michel St-Pierre est agriculteur en périphérie de Saint-Hyacinthe. «Pour moi, le déneigement sert à arrondir mes fins de mois et à garder mes employés, explique-t-il. Si je n’en faisais pas, je ne pourrais pas fournir de travail à mon fils, l’hiver.»

S’il y a autant d’agriculteurs qui font du déneigement, c’est parce que les tracteurs de ferme sont de plus en plus adaptés pour ce type de travail et que le marché agricole est plus difficile, explique l’agriculteur Laurent Bousquet. Celui-ci ne souhaite pas payer ses plaques d’immatriculation plus cher, mais il ne s’empêcherait pas de faire du déneigement si c’était le cas.

Comme il ne s’agit pas de leur activité principale, l’UPA de la Montérégie n’a pas de données sur le nombre de ses membres qui font du déneigement. «En campagne, ceux qui ont la machinerie pour le faire en font, mais ils ne vont pas dans les villes», assure sa directrice des communications Hélène Boyer.

Depuis quatre ou cinq ans, Eric Guertin et Mathieu Chabot constatent que la compétition est vraiment féroce. Ils disent perdre de nombreux contrats au profit d’agriculteurs qui s’aventurent en zone urbaine. Seulement cette année, ils estiment avoir perdu respectivement 300 000 $ et 180 000 $.