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Marie-Galante, terre de traditions

Il n’est pas rare de croiser un cabrouet tiré par des bœufs sur Marie-Galante.
Photo courtoisie, Paul Simier Il n’est pas rare de croiser un cabrouet tiré par des bœufs sur Marie-Galante.

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CAPESTERRE, île de Marie-Galante (Guadeloupe) | Terrienne plus que marine, l’île, davantage que toutes les autres à travers l’archipel guadeloupéen, a su préserver ses traditions. Autant que ses plages, assurément parmi les plus belles de toute la Guadeloupe, c’est son art de vivre particulier qui séduit les visiteurs.

On continue en effet d’y vivre au rythme des saisons qui dictent les travaux de la terre et des récoltes, celle de la coupe de la canne à sucre ou celle de l’arrachage des ignames.

Souvent, à proximité d’une maison, il n’est pas rare de voir un cochon attaché à l’ombre d’un arbre. Nourrie des divers restes et engraissée, la bête sera abattue au mois de décembre de façon à procurer de quoi régaler la parenté et les amis lorsqu’ils passeront durant les Fêtes.

La canne à sucre est omniprésente sur Marie-Galante. Cette production occupe la majeure partie des terres cultivées. Il en a toujours été ainsi sur l’île que l’on surnomme «la galette» du fait de sa configuration.

À une autre époque, l’île comptait des domaines sucriers dotés chacun d’un moulin à vent servant à presser la canne à sucre. Par dizaines, les ruines de ces moulins se dressent encore à travers l’île, correspondant à autant de plantations qui ont légué leurs noms aux lieux-dits.

Les vestiges de deux de ces habitations, le Château Murat et le domaine Roussel-Trianon, devenues propriété du département de la Guadeloupe, sont conservés au titre du patrimoine sucrier des XVIIIe et XIXe siècles.

Les terres de l’île, morcelées au fil des années, appartiennent à présent aux descendants des esclaves africains amenés jadis pour travailler sur les plantations. Ce sont principalement de petits fermiers qui vivent d’un peu d’élevage, de cultures vivrières et de quelques parcelles de canne à sucre. Leur canne, ils la livrent les uns à l’une ou l’autre des trois distilleries de rhum agricole (issu de pur jus de canne et non pas de mélasse), les autres à l’unique sucrerie.

Chez plusieurs, la mécanisation est limitée. Ainsi, on peut facilement croiser sur les routes, surtout en période de récolte de la canne à sucre, des cabrouets tirés par des bœufs. Ce type de charrette traditionnelle a conservé ses grandes roues cerclées de fer dont le moyeu et les rayons sont taillés dans du bois de campêchier, une essence réputée pour sa robustesse.

«Bœufs tirants» et quadrille

Un couple dansant le quadrille à Capesterre de Marie-Galante.
Photo courtoisie, Paul Simier
Un couple dansant le quadrille à Capesterre de Marie-Galante.

Les bœufs créoles sont élevés autant pour certains travaux agricoles que pour l’attelage. Pour préserver la race et développer une émulation chez les fermiers, on a créé il y a déjà longtemps les concours de «bœufs tirants» qui se déroulent dans plusieurs hameaux à travers l’île.

Attelés par paire et assortis selon leur poids, les bœufs doivent tirer sur une côte une charrette lestée d’une charge définie en fonction de leur taille. Ces concours de «bœufs tirants» constituent l’occasion de rassemblements conviviaux en plein milieu des champs.

À Marie-Galante, la population a aussi conservé un grand intérêt pour les danses traditionnelles comme le quadrille. Il s’agit d’une danse remontant à l’époque esclavagiste. Les colons permettaient alors à leurs esclaves de pratiquer des danses «nobles» importées d’Europe, que ceux-ci adaptaient quelque peu en fonction de leur culture africaine.

Il existe ainsi plusieurs types de quadrille. Celui qui est pratiqué sur Marie-Galante, dans le cadre d’associations, comprend sept figures dictées par un maître de ballet, appelé «commandeur».

Toutes les figures se dansent en groupe, à l’exception de la dernière, la biguine, qui se danse en couple, plutôt collé-collé. Les codes de ces danses sont aujourd’hui très stricts, tout comme l’habillement des danseurs et danseuses qui se produisent dans le cadre de bals.

Évènement majeur dans les îles de Guadeloupe depuis 15 ans, le festival international Terre de Blues, qui réunit chaque année en mai à Marie-Galante de grands talents de la scène internationale, réserve également une large place durant quatre jours aux traditions de l’île.

 


Repères

  • Sur l’île de Marie-Galante, deux organismes se préoccupent de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine et des traditions.
  • Terre de blues, l’événement annuel marquant de Marie-Galante, en sera à sa 15e édition du 22 au 25 mai 2015, sur le thème Authenticité et promotion du territoire. Des artistes de la Jamaïque, de la Guadeloupe, de la Martinique, des États-Unis, du Cap-Vert, du Nigéria, de Puerto Rico figurent au programme. Info: www.terredeblues.com
  • L’île de Marie-Galante est reliée tous les jours à Pointe-à-Pitre par L’Express des îles et Val Ferry, et aussi certains jours à Saint-François et à Terre-de-Haut (Les Saintes).
  • Au départ de Saint-François (Guadeloupe), on peut se rendre à Marie-Galante ou encore combiner la visite des Saintes, de Marie-Galante et de la Désirade grâce à un laissez-passer (89€) de la compagnie Babou One. www.babouone.fr
  • Air Transat, durant la saison hivernale, ainsi que Air Canada desservent la Guadeloupe au départ de Montréal.