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L’amour et le rejet

L’amour et le rejet
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Prendre le risque d’aimer, c’est aussi prendre le risque d’être rejeté. Et qui a-t-il de pire dans la vie qu’une peine d’amour? Être rejeté est l’une des expériences les plus traumatisantes de la vie.

Prendre le risque d’aimer, c’est aussi prendre le risque d’être rejeté. Et qui a-t-il de pire dans la vie qu’une peine d’amour? Être rejeté est l’une des expériences les plus traumatisantes de la vie.

Nous sommes tous à la recherche d’intimité, mais celle-ci fait aussi peur, car plus nous nous révélons à l’autre, plus nous lui donnons un certain pouvoir sur nous. Pouvoir que l’autre peut utiliser contre nous. La peur de l’abandon et la peur de l’intimité déterminent quatre styles d’attachement selon la psychologue Marie Ainsworth.

L’attachement sécurisant

Les personnes au style sécurisant ressentent peu d’anxiété d’abandon et de crainte de l’intimité dans leurs relations intimes. Elles s’estiment valables (représentation de soi positive) et font confiance aux autres (représentation des autres positives) (+ +).

Ces individus manifestent une plus grande confiance dans l’amour de leur partenaire et rapportent plus de relations heureuses et durables. Bien qu’ils aient des sentiments positifs envers la sexualité, ils sont peu enclins aux relations occasionnelles ou aux relations sexuelles hors couple.

L’attachement craintif

À l’opposé, les personnes craintives redoutent à la fois l’abandon et l’intimité. Ils souffrent d’une représentation négative d’eux-mêmes et ne font pas confiance aux autres. Bien que désireuses d’établir des contacts, elles craignent fortement l’intimité (– –).

Les craintifs finissent par trouver l’amour, mais ils mettent beaucoup de temps à établir une relation suffisamment sécuritaire pour s’abandonner. Paradoxalement, ce sont des couples très stables car, s’ils divorcent, ils craignent de ne pas retrouver d’autres partenaires. Toutefois, ce sont souvent des couples résignés.

L’attachement détaché

Les personnes au style détaché affichent une représentation positive d’elles-mêmes, mais possèdent une représentation plutôt négative d’autrui qui les amène à se protéger de l’intimité par une attitude d’autosuffisance (+ –).

Ces individus ne souhaitent pas que leurs relations sexuelles se transforment en relations amoureuses. Ils se sentent plus à l’aise dans des relations superficielles. Même s’ils apprécient la sexualité, ils trouvent rarement l’amour, car cette expérience les place dans une situation de grande vulnérabilité. La rupture, intolérable à leurs yeux, peut parfois mener à des drames, car l’autre devient leur «possession».

L’attachement préoccupé

La personne au style préoccupé devient anxieuse et ambivalente face à la relation. Elle se caractérise par une représentation de soi négative et une représentation des autres positive. Elle ne craint pas l’intimité et la recherche ardemment, mais dans le but d’obtenir la reconnaissance d’autrui (– +).

Cet individu manifeste des sentiments obsessifs. Doutant constamment de la sincérité de l’autre, il s’accroche activement à l’autre, parfois avec jalousie et colère. Il s’enlise dans des histoires d’amour turbulentes. Se servant de la sexualité comme voie privilégiée pour répondre à ses besoins d’attachement, il ressent des sentiments ambivalents à cause des succès relatifs dans ce domaine.

Dépendance émotive

Les personnes au style craintif deviennent codépendantes. Les personnes au style préoccupé se retrouvent généralement dépendantes émotives avec des personnes au style détaché, donc contredépendantes. Seules les personnes au style confiant développent une relation d’interdépendance.

Les membres des couples heureux à long terme recherchent activement l’intimité et ont une grande confiance en leur partenaire, donc une faible anxiété d’abandon. Quant aux autres, ils ont souvent vécu des abandons au cours de leur enfance. Une thérapie peut les aider à reprendre suffisamment confiance en eux pour qu’ils puissent oser l’intimité et minimiser leur peur d’être abandonnés.