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Un prof d'histoire qui fait l'apologie des carrés rouges

GEN-MANIF-NOCTURNE-QUEBEC
STEVE POULIN/AGENCE QMI

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L'émission Normandeau-Duhaime au FM93 en a sorti une bonne aujourd'hui, une histoire à faire rougir de honte.  Figurez-vous que le directeur du programme de premier cycle en histoire de l'Université Laval, Patrick Baker, a envoyé un courriel à tous ses étudiants pour faire l'apologie des carrés rouges.  Voici un passage de son courriel qui résume assez bien sa pensée.   "Se réfugier derrière des lois pour frapper, gazer, insulter la fleur de la nation qui se bat pour la société de demain non pour des intérêts personnels me fait, personnellement, vomir. En 2012, comme cette année, les seules manifestations de violence pure, les seuls commentaires méprisants, haineux — parfois criminellement condamnables — émanent et émanaient des opposants à la grève dont l'essentiel de l'argumentaire restait, à mon avis, égo-centré."

Sans surprise, plusieurs de ses étudiants ont été outrés de recevoir un tel courriel, surtout les carrés verts, eux qui se battent pour avoir accès à leur cours.  Comment un professeur, payé par nos taxes, peut-il se réjouir et même encourager ses étudiants à tenir des manifestations illégales, tout en empêchant les autres jeunes qui souhaitent étudier d'avoir accès à leurs cours en les traitant "d'égo-centrés". Tout un exemple pour cette génération. 

Il y a des limites à tout accepter sans rien dire.  C'est bien beau la liberté d'expression, mais pas de là à brimer la liberté des autres.  Si les jeunes veulent manifester contre l'austérité, qu'ils le fassent, mais dans le respect des règles.  Les étudiants en médecine ont manifesté lundi à Québec contre le projet de loi 20 du ministre de la santé, et tout s'est bien déroulé.  Ces étudiants avaient pris la peine de dévoiler leur itinéraire aux policiers.  Ils ont quand même réussi à passer leur message.

Pendant ce temps à l'UQAM, on a laissé une centaine d'étudiants, souvent masqués, bloquer les portes de plusieurs pavillons pour dénoncer les mesures d'austérité du gouvernement.  Des milliers d'étudiants, qui n'ont même pas voté pour la grève, ont été forcés de rebrousser chemin.  La direction de l'UQAM a simplement annulé les cours sans demander aux policiers d'intervenir.  On se fout carrément de tous ceux qui souhaitent étudier.  Pire, le professeur Baker ose écrire qu'ils sont des égo-centrés.  

Le problème au public, c'est que personne est redevable.  Le professeur d'histoire peut dire ce qu'il veut, il ne se fera jamais taper sur les doigts, du moins ce serait surprenant.  Les recteurs d'universités peuvent fermer les yeux, les établissements vont quand même recevoir leurs subventions.  Même le ministre de l'éducation, François Blais, ancien doyen de la faculté de sciences sociales à l'Université Laval, tolère la situation.   On ne verrait jamais ça dans le privé puisque le professeur n'aurait pas une longue carrière.