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Un sport sans trop de bavures

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La boxe professionnelle obtient généralement un rendement efficace de ses arbitres. Ceux-ci sont rarement impliqués dans des controverses. Si une situation corsée soulève les passions à la fin d’un combat, elle ne dure généralement que quelques minutes et se démarque par la déception manifestée par le boxeur vaincu et son entourage.

Très rarement, il s’en suivra une bousculade et encore moins un échange de coups par les hommes de coin du perdant. On se préoccupera avant tout de la santé du vaincu et de sa condition physique.

Le dernier exemple remonte au 6 décembre 2014 lorsque le Colombien Roberto Bolonti a feint d’avoir été mis K.-O. par Jean Pascal. Peut-être qu’il y aurait eu de la casse dans des pays sud-américains, mais rien ne nous l’assure. Le public québécois sait reconnaître un comédien d’un athlète expédié dans l’au-delà par l’armement de son adversaire.

Le 24 octobre 2008, Marlon Wright a été accusé d’effectuer son compte trop lentement alors que Lucian Bute ne savait plus s’il se trouvait au Québec ou en Roumanie. Lors de la revanche, en novembre 2009, au Colisée, Bute a réglé le problème avec une victoire tranchante contre Librado Andrade. Wright avait cédé sa place à Benjy Esteves.

Les fans d’Éric Lucas n’ont pas encore oublié le tripotage des cartes de pointage lors du combat entre le champion du monde et les officiels allemands, dont l’arbitre Laurence Cole. Il en a résulté une décision unanime pour l’aspirant Markus Beyer en avril 2003.

La ruse de Diaconu

Impliqué dans la boxe depuis plusieurs années, François Duguay ne considère pas les arbitres comme un facteur décisionnel entre les câbles.

«Ce sont davantage les différences dans la réglementation qui peuvent nous jouer des tours, analyse-t-il. Chacune des associations possède son livre de règlements. La base demeure la même, mais il existe des nuances. Les spectateurs l’ignorent souvent. Alors, ils ne comprennent pas l’attitude de l’arbitre dans des situations particulières. Le nombre de comptes de huit debout s’avère la règle qui sème le plus la confusion.»

Duguay estime qu’il appartient aux entraîneurs de se tenir au courant des changements et de l’évolution.

Comme d’autres de ses collègues, il estime que les associations devraient s’entendre sur ce règlement qui peut faire une grosse différence sur l’issue d’un match.

«Jean Pascal a été arrêté debout contre Sergeï Kovalev. S’il déposait un genou au tapis et prenait le compte de huit, il changeait peut-être la dynamique du duel. Adrian Diaconu avait démontré l’intelligence de se comporter ainsi contre Omar Sheika. Ça ne paraît pas bien, mais il indique qu’il se trouve dans une situation dangereuse.»

Un arbitre n’est pas relié à une catégorie. Le petit comme le gros peut se besogner dans une classe loin de son poids. Les entraîneurs ont leurs favoris. Duguay apprécie bien Tony Weeks, celui qui a dirigé la bagarre entre Pier-Olivier Côté et Aris Ambris à Las Vegas.

Travail bien fait

Au Québec, la Régie des alcools, des courses, des sports de combat et des jeux en exerce le contrôle. Lors d’un combat de championnat du monde, il revient à l’association dont un titre est en jeu de s’assurer de l’intégralité de la décision, si tel devait être le cas.

«Nous ne pouvons pas nous plaindre du travail de nos arbitres au Québec et à l’étranger. Il est bien fait. Ils démontrent de la compétence», explique Benoît Barré, de GYM. La plainte la plus fréquente serait d’avoir laissé le combat se prolonger inutilement.

Il existera néanmoins toujours de mauvaises décisions. Bien des amateurs se souviennent encore de ces résultats coulés dans le ciment. Il ne faudrait pas qu’il en aille ainsi lors du combat si réclamé entre Manny Pacquiao et Floyd Mayweather.


Bouchard prêt à se battre

Le Québécois Sébastien Bouchard (9-1-0, 3 K.-O.) adore se battre chez lui, au Québec. Il affrontera le Français Denis Farias (19-6-2, 1 K.-O.). Sa dernière sortie sur l’arène du Colisée remonte au 19 décembre 2014 contre Cedric Spera. Il avait remporté une victoire par K.-O. technique au sixième round d’un combat de six. «Ça n’est pas très compliqué de décrire Farias. Il ressemble comme deux gouttes d’eau à Antonin Décarie dans sa façon de combattre.» Bouchard soutient que l’ovation de la foule à son arrivée dans l’arène l’emballe autant que le combat. «La foule est extraordinaire pour moi. Le combat débute et j’ai encore la chair de poule.»

Toujours du «chialage»

Une fois de plus, des clients potentiels pour le gala de samedi se plaignent encore et toujours de la carte. Une question: arrive-t-il au Canadien de se battre contre Edmonton, Buffalo, l’Arizona et d’autres «puissances» de cet acabit? À croire que le Tricolore n’affronte que les formations de tête de la LNH. Adonis Stevenson est en attente d’un combat contre Sergeï Kovalev, en septembre. Il n’affronte pas un boxeur de ruelle en Sakio Bika. Ce gala permettra de voir en action Artur Beterbiev, Kevin Bizier et Bouchard. Un après-midi de 10 combats samedi, alors que l’hiver nous narguera peut-être une fois de plus. De nombreux Américains parlent du combat comme s’il avait lieu à Montréal et du Canada comme un bon pays pour la boxe. Il faudrait peut-être leur expliquer de petits détails.

Un beau moment

Une fois de plus, les boxeurs visiteront la Maison Lauberivière mardi, pour un service de repas aux plus démunis de la société. Un beau moment dans la semaine. Cette fois-ci, il nous a été promis qu’Alexandra Croft, de GYM, chantera quelques-uns de ses plus grands succès disco.