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La Cour supérieure accorde une première injonction à une étudiante de l'Université Laval

Université Laval
Photo d'archives

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Les carrés verts viennent d’obtenir une première victoire, un peu plus d’une semaine après le début des grèves étudiantes : dans le cadre d’une demande en injonction provisoire d’une étudiante, la Cour supérieure ordonne à l’Université Laval et aux associations étudiantes en anthropologie et en histoire de laisser libre accès aux salles de cours.

Cette ordonnance rendue par le juge Serge Francoeur en après-midi jeudi vise les cours Anthropologie du religieux et Ordre mondial au XXIe siècle, suivis par la demanderesse Catherine Leblond, étudiante au baccalauréat intégré en études internationales et en langues modernes.

Le juge Francoeur ordonne également à l’Association des étudiants en anthropologie (AÉÉA) et à l’Association des étudiants en histoire (AÉÉH) de ne pas faire d’intimidation, de menaces et de manifestations ayant pour effet d’empêcher l’accès aux cours. Ces ordonnances sont en vigueur jusqu’au 10 avril prochain.

La demanderesse a déposé cette demande en injonction après n’avoir pu accéder à deux de ses cours. Le 25 mars, Mme Leblond dit s’être présentée à la salle de classe du cours Ordre mondial au XXIe siècle au Pavillon Charles-De Koninck, même si un mandat de grève, en vigueur du 23 au 30 mars, avait été voté par l’AÉÉH.

Une fois entrée dans la salle tout comme quelques autres étudiants, une ligne de piquetage s’est rapidement formée. L’étudiante indique que des agents de sécurité de l’Université Laval ont finalement demandé aux étudiants de quitter en raison de la grève.

Le lendemain, l’étudiante s’est présentée dans un autre local du même pavillon, afin d’assister au cours Anthropologie du religieux, alors que l’AÉÉA détenait un mandat de grève effectif du 23 mars au 7 avril. Après s’être butée à une ligne de piquetage, l’étudiante explique que le professeur a finalement décidé de ne pas donner le cours en raison du piquet de grève.

Mme Leblond explique dans sa requête l’importance de terminer son baccalauréat à la fin de la présente session, puisqu’elle doit entreprendre une maîtrise à l’Université de Pécs en Hongrie dès septembre prochain. Son admission à ce programme est conditionnelle à l’obtention de son diplôme. La situation, est-il écrit dans la requête, est «une grande source de stress, d’insécurité et d’incertitude».

L’étudiante mentionne notamment dans sa requête adressée à la cour que l’Université Laval «a fait preuve d’une flagrante négligence et d’un laxisme évident en omettant de se préparer adéquatement à faire respecter l’ordre dans ses propres locaux.»

«Le recteur devrait avoir honte»

La Fondation 1625, cet organisme fondée dans la foulée du printemps érable qui appuie les étudiants souhaitant avoir accès à leurs cours en temps de grève, se réjouit de ce jugement.

L’un de ses porte-paroles, Miguaël Bergeron, dénonce par ailleurs au passage l’attitude du recteur de l’Université Laval, Denis Brière.

«On est très heureux que des étudiants prennent les choses en main pour accéder à leurs cours, mais en même temps, le recteur devrait avoir honte de la situation, que les étudiants doivent aller devant les tribunaux pour avoir accès à leurs cours. Il n’accomplit pas son devoir de recteur présentement», affirme M. Bergeron.

Autre requête accordée à Sherbrooke

Quelques heures plus tard, une autre demande en injonction provisoire a été accordée à 13 étudiants de l’Université de Sherbrooke, qui étudient majoritairement au baccalauréat en politiques appliquées.

Selon l’un des demandeurs, Simon Roy-Grenier, la cour ordonne à l’Université de Sherbrooke de dispenser les cours suivis par les requérants, et à l’Association des étudiants de la Faculté des lettres et des sciences humaines de ne pas empêcher la tenue de ceux-ci. L’ordonnance est valide pour 10 jours.

M. Roy-Grenier se dit très heureux, mais craint que l’injonction ne soit pas respectée mercredi matin par les étudiants en grève.

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