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Le cerveau des dépressifs a une morphologie différente

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La morphologie du cerveau du copilote de l'Airbus de Germanwings qui a entraîné 149 personnes dans son suicide était-elle différente de celle du cerveau de son collègue pilote ? S’il était bel et bien dépressif, c’est probable, d’après une découverte de scientifiques montréalais.

«Chez les dépressifs, la plasticité de la circuiterie est différente dans l’amygdale, une zone du cerveau importante pour l’humeur et l’anxiété», explique le Dr Naghib Mechawar, directeur de la banque de cerveaux de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas.

En comparant les quelque 3000 cerveaux qu’ils ont entre les mains, le chercheur et son équipe ont découvert que les astrocytes – des cellules cérébrales en forme d’étoile – sont plus grands et ont plus de branches dans l’encéphale des personnes qui se sont suicidées que chez les autres.

«Il y a une altération de la signalisation», indique le Dr Mechawar.

Or, les astrocytes participent à une série d’activités essentielles au bon fonctionnement et même à la survie des neurones. Littéralement, ils les nourrissent et les protègent. De fait, un dérèglement de ces cellules gliales peut avoir des effets en cascade.

«Il faut trouver un moyen de rétablir la signalisation», souligne le médecin.

Remède anti-inflammatoire

Maintenant qu’ils ont découvert cette importante différence morphologique propre au cerveau des dépressifs, les chercheurs de l’Institut Douglas tentent d’en comprendre la cause.

L’hypothèse du Dr Mechawar est qu’elle serait la conséquence d’une inflammation du cerveau. Depuis quelques années, de plus en plus de scientifiques pensent que la dépression serait en effet due à une inflammation neuronale.

Si cette théorie s’avère juste, la découverte de l’équipe montréalaise pourrait mener à la création de nouveaux traitements antidépresseurs qui cibleraient directement les cellules responsables de l’inflammation.

«Mais ça, c’est en dehors de notre champ de compétences, sourit le Dr Mechawar. Nous, notre expertise, c’est de comprendre et de décrire les mécanismes fondamentaux, pour permettre à la recherche appliquée d’avancer.»

Recherche fondamentale

Le chercheur souligne qu’à mesure que le financement accordé à la recherche fondamentale diminue, la recherche appliquée risque de manquer de découvertes comme les siennes pour offrir des remèdes.

«C’est de plus en plus difficile d’aller chercher des fonds en recherche fondamentale. Ceux qui restent sont la moitié de ce qu’ils étaient lorsque j’étais étudiant», se désole le Dr Mechawar.

«C’est un problème assez sérieux, ça démotive nos jeunes chercheurs, déplore-t-il. Je vois des jeunes brillants qui finissent leur thèse et ne peuvent pas poursuivre leurs recherches faute d’argent. Pourtant, certains d’entre eux pourraient avoir la clef de certaines maladies mentales.»

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