/opinion/blogs
Navigation

Mettez-vous à la place des familles...

Andreas Lubitz
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

Les informations sur les circonstances de la catastrophe aérienne impliquant l’Airbus de la Germanwings ont déboulé quasiment aussi rapidement que la vitesse avec laquelle l’avion a crashé dans les Alpes françaises, mardi dernier... Mais aussi nombreuses que soient les données rendues publiques jusqu’à maintenant, la plus troublante nous est arrivée une semaine jour pour jour après la tragédie.


Lufthansa, à qui appartient la compagnie de vols à rabais Germanwings, a avoué mardi qu’Andreas Lubitz, le copilote de 27 ans qui selon toute vraisemblance a délibérément précipité l’appareil dans les montagnes, avait informé ses patrons en 2009 qu’il avait souffert de « dépression sévère ». Le transporteur a en effet retracé dans ses dossiers un courriel de Lubitz l’informant de son état de santé au moment où il souhaitait reprendre sa formation de pilote, après l’avoir interrompu, apparemment pour des raisons médicales...


Décidément, plus on en apprend sur le drame de la Germanwings, plus il semble évident que ses 150 morts auraient pu être évités...


L’enquête a aussi démontré que Lubitz avait été traité pour des « tendances suicidaires » avant de recevoir sa licence de pilote en bonne et due forme, qu’il avait déjà reçu des soins psychiatriques « pendant une longue période », que des antidépresseurs ont été retrouvés dans son logement au lendemain du drame, qu’il souffrait de problèmes de vision...


Pourtant, deux jours après l’écrasement, le grand patron de Lufthansa déclarait aux journalistes qu’Andreas Lubitz était « 100 pour cent apte à piloter un avion, sans aucune limitation »...


Je me mets aujourd’hui à la place des familles des victimes... Difficile d’imaginer pire révolte, une plus grande indignation... Comment ce jeune homme visiblement dérangé a-t-il pu passer entre les mailles du filet de sécurité de Lufthansa? Compléter sa formation de pilote? Se faire remettre les commandes d’un avion de ligne? Se retrouver seul dans une cabine de pilotage?...


C’est une chose de décider de s’enlever la vie. C’en est une autre d’amener avec soi dans la mort 149 innocentes victimes. Comment Lufthansa a-t-elle pu à ce point faire preuve de négligence?


Je me mets à la place des familles... Ces 16 élèves allemands du secondaire, dans la fleur de l’âge, en excursion scolaire à Barcelone. Ces chanteurs d’opéra de réputation internationale. Ces deux petits bébés...peut-être sur les genoux de leurs parents horrifiés au moment où une aile de l’A-320 percutait le flanc d’une montagne... Difficile d’imaginer un plus grand désarroi...


Lufthansa s’attend maintenant à crouler sous les poursuites judiciaires. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les familles des victimes « ont une bonne cause » entre les mains ... On peut s’attendre à voir Lufthansa cracher éventuellement les centaines de millions.


Mais tout l’argent au monde ne ramènera pas des êtres chers, disparus soudainement en raison d’un immense gâchis évitable. Mettez-vous à la place des familles des victimes. Un bien petit baume sur une douleur sans nom...


Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante: