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Un commanditaire velcro sur l’édifice

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Le Centre Vidéotron, voilà le nom que portera l’amphithéâtre où les Québécois se rendront dès le 15 septembre 2015 pour assister à des événements culturels et sportifs. Pour devenir les gestionnaires de ce vaste édifice multifonctionnel, l’entreprise Québecor a versé une somme d’argent qui variera de 33 à 63,5 millions $. D’autres revenus s’ajouteront.

La nouvelle a été dévoilée, mardi, lors d’une conférence de presse sans fla-fla qui regroupait les principaux représentants des parties impliquées.

En aucun temps, il n’a été question de Vidéotron qui pigeait dans ses coffres pour respecter l’entente. Pourquoi? Simplement parce que Québecor reste l’autre signataire du contrat, la partenaire de la Ville de Québec, dans cette entente lucrative pour la cité de Champlain.

Québecor jouissait de l’entière liberté de conserver ses droits sur l’édifice ou de négocier avec une entreprise qui aurait démontré de l’intérêt pour une commandite de cette envergure ainsi que les ressources financières pour aller de l’avant. Il y en a sûrement qui ont cogné à la porte. Souvenons-nous de Pepsi jusqu’à il y a quelques semaines. À ce moment-là, nous aurions parlé de Pepsi national et non de son distributeur québécois.

Une négo serrée et juste

Québecor conserve ses droits d’identification. C’est pourquoi je le considère comme un nom velcro collé sur l’édifice. Il s’enlèverait, pour ne pas dire s’arracherait, si une compagnie affichait une plus grande générosité advenant le retour de la Ligue nationale et que le contrat le permettait. Québecor s’est entendue avec une société dans le giron de son empire pour ces droits.

Cette négociation ne s’est pas déroulée à la bonne franquette sur le coin d’une table. Une légifération vigilante supervise une négociation de ce type. Québecor reste une entreprise publique, cotée à la bourse, et des actionnaires scrutent les moindres résultats et décisions.

Autant du côté de Québec que de Québecor et Vidéotron, les décideurs se réjouissent de l’implication du câblodistributeur, une compagnie francophone ayant son siège social au Québec.

«Nous tenions à remporter cette commandite, a affirmé madame Manon Brouillette, présidente et chef de la direction de Vidéotron. Nous générons un chiffre d’affaires de 2,8 milliards par année et comptons 6000 employés. La négociation ne fut pas un jeu d’enfant. Au contraire, elle s’est déroulé les cordons de la bourse très serrés. Québec et Québecor nous soumettaient des critères élevés à rencontrer. Nous voilà emballés par notre victoire.»

Bye-Bye, Colisée

À titre de gestionnaire du Centre Vidéotron pour les 25 prochaines années, Québec paiera à la Ville de Québec un montant de 33 000 000 $, payable en entier, à l’ouverture en septembre. Si l’entreprise dirigée par Pierre Dion obtenait une franchise de la LNH, ce montant grimperait à 63 500 000 $. Vidéotron pourrait rester au poste ou céder sa place.

Sans le hockey, ça donne un loyer annuel variant de 2,5 millions $ à 4 millions $ pour une moyenne de 3,15 millions $ sur 25 ans. Advenant l’arrivée du circuit Bettman, le loyer varierait entre 4,5 millions $ et 4,88 millions $ pour une moyenne de 5 millions sur 25 ans.

Le mot Colisée s’efface donc du nom après plus de 60 ans cédant sa place à Centre, ceci afin d’éliminer l’oubli volontaire ou non du commanditaire. On ne peut raconter «que les Nordiques ont gagné 4 à 2, mardi, au Centre, contre les Bruins de Boston. Il faudra dire ou écrire «au Centre Vidéotron».

Centre Vidéotron jouira de trois emplacements à l’extérieur, où il pourra visser son nom dans l’avenir, dont la façade.

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