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Des millions pour se débarrasser des moustiques

Les contribuables des Laurentides paieront 5 M$ pour tuer des moustiques.
Photo GDG Environnement Les contribuables des Laurentides paieront 5 M$ pour tuer des moustiques.

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LAURENTIDES | De plus en plus de propriétaires des Laurentides sont prêts à payer plus cher de taxes pour éviter les moustiques pendant l’été.

Depuis 2005, les villes de Sainte-Anne-des-Plaines, Blainville, Boisbriand, Bois-des-Fillion, Lorraine et Rosemère se sont entendues pour éliminer les maringouins et les mouches noires de leurs territoires. Ça leur coûtera 5 M$ pour les cinq prochaines années afin de tuer les moustiques. Les deux tiers de la facture seront épongés par Blainville et Sainte-Anne-des-Plaines. Sainte-Thérèse refuse d’adhérer au programme par peur de nuire à l’environnement.

Pour Saint-Colomban et ses 15 000 habitants, GDG Environnement demande 280 000 $ pour la chasse aux bibittes cet été. C’est 48 $ par contribuable au lieu de 36 $ par les années passées. «La firme était seule soumissionnaire et la population le demandait», explique Claude Panneton, directeur général de la Ville.

Efficacité mise en cause

En 2010, Saint-Colomban a signé un contrat de 215 000 $ avec GDG Environnement pour un taux d’efficacité global de 48,3 %. Comme simple citoyen, Xavier-Antoine Lalande s’était battu pour que la Ville se fasse rembourser, mais il n’a pas obtenu gain de cause. Maintenant qu’il est conseiller municipal, il n’hésite pas à dénoncer la situation. «La gestion des insectes n’est pas de juridiction municipale. Les gens se plaignent depuis des années des problèmes d’eau. Alors voir des élus tuer des mouches me pose un énorme problème.»

Richard Vadeboncoeur, directeur au développement des affaires chez GDG Environnement, promet d’éliminer 90 % des insectes, même s’il admet que «le produit se dégrade rapidement dans les heures ou les jours suivants l’épandage.» Bien que le procédé ait l’approbation du ministère de l’Environnement, Jean-Sébastien Guénette, directeur général de Québec Oiseaux, s’inquiète. «On ne peut pas penser détruire tous ces insectes sans qu’il y ait un impact. De toutes les espèces en déclin, les oiseaux insectivores arrivent au premier plan.»

Sur son site internet, GDG Environnement cherche des «ambassadeurs pour une meilleure qualité de vie» et propose de les aider pour faire appliquer un programme de contrôle des insectes piqueurs dans leur municipalité. C’est souvent par l’entremise d’un sondage que les citoyens réussissent à passer leur message. Plus d’une soixantaine de municipalités québécoises s’offrent de tels programmes. Brébeuf s’ajoute à ce nombre. Il en coûtera 94 $ la porte pour dire adieu aux bibittes cet été. Les premiers épandages auront lieu fin avril.