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« Un tueur lent »

Team Katusha rider Kristoff of Norway celebrates winning the 103rd Scheldeprijs/Grand Prix de l'Escaut cycling race in Schoten
REUTERS Vainqueur du Tour des Flandres dimanche dernier, Alexander Kristoff (Katusha) figure parmi les grands favoris pour Paris-Roubaix.

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Quatre fois vainqueur de «L’enfer du Nord» qui aura lieu dimanche, le Belge Tom Boonen décrit Paris-Roubaix comme un tueur lent, une course qui sape progressivement toute la puissance d’un coureur jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.

Boonen a bien raison. Tranquillement, les efforts s’accumulent et le réservoir se vide. Avec le stress de toujours bien se positionner pour les pavés, il ne reste plus de jus.

La «reine des classiques» partira donc de Compiègne à 10 h 20 pour rejoindre le vélodrome de Roubaix six heures plus tard. Les cyclistes survivants seront méconnaissables avec une tonne de poussière collée au visage et les mains pratiquement en sang. J’ai terminé cette épreuve deux fois en trois participations. Ma 25e place en 2011 reste mon meilleur résultat. Je me rappelle que je cherchais à m’appuyer sur mes avant-bras parce que mes mains étaient trop douloureuses.

Un véritable calvaire avec une telle intensité... mais quelle satisfaction de rentrer sur ce vélodrome mythique que je n’avais jamais vu autrement que sur vidéo. Sur cette course, la souffrance est totale mais ça faisait partie d’un rêve pour moi.

52,7 km de pavés

Dimanche, vingt-cinq équipes prendront le départ de l’épreuve de 253 kilomètres. Les coureurs devront parcourir 52,7 km de pavés répartis sur 27 secteurs, soit 1600 mètres de plus que l’an dernier. Trois de ces secteurs reviendront lors de la 4e étape du Tour de France 2015 entre Seraing et Cambrai. Cette difficulté supplémentaire en juillet fera plusieurs mécontents parmi ceux qui détestent les pavés.

Sur Paris-Roubaix, la vraie bataille commence toujours au premier secteur pavé, celui de Troisville au kilomètre 97,5. Mais il est faux de croire que c’est une promenade jusque-là. Ça roule souvent à fond de train pendant deux heures.

La course s’annonce très ouverte. Alexandre Kristoff peut gagner. Roubaix lui convient encore mieux que les Flandres. Il est vraiment très fort. Je vais surveiller Bradley Wiggins, 9e en 2014. Il joue gros pour sa dernière course avec Sky.

Reste aussi Niki Terpstra, Zdenek Stybar, Sep Vanmarcke, Geraint Thomas, John Degenkolb et Peter Sagan, à qui je laisse une autre chance de remporter un «monument» du cyclisme. Il ne faut pas oublier qu’il n’a que 25 ans.

Des Québécois respectés

Les Québécois Antoine Duchesne (Europcar) et Hugo Houle (AG2R) seront au départ, mais pas Dominique Rollin (Cofidis) qui termine le Circuit de la Sarthe.

Au Tour des Flandres, un détail a frappé plusieurs amateurs. Houle a été dépanné par un équipier qui lui a donné sa roue. Les Canadiens ne sont plus seulement des porteurs de bidons, mais des leaders respectés dans les formations européennes. C’est une récompense après tous les efforts que Houle a fournis pour les autres.