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236 502 km2 de territoire et un seul CISSS : c’est inacceptable selon les Nord-Côtiers

Gaétan Barrette
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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Médecins, politiciens, gens d’affaires et représentants des usagers des services de santé sont unanimes et craignent le pire : sur la Côte-Nord, la réforme de Barrette ne passe pas. Le territoire est beaucoup trop vaste pour être desservi par un seul Centre intégré de santé et de services sociaux à Baie-Comeau.

La mise en œuvre de la nouvelle réforme de la santé (Loi 10) qui a mené à l’abolition des Agences de santé et des services sociaux ne se passe pas sans problèmes sur la Côte-Nord. Le milieu se mobilise et dénonce un manque d’équité et de représentativité au sein des postes d’administrateurs du nouveau Centre intégré de santé et de service sociaux (CISSS), situé à Baie-Comeau.

C’est de là que seront désormais gérés les soins de santé du vaste territoire nord-côtier. L’est de la Côte-Nord, qui s’étend de Port-Cartier à Blanc-Sablon, se sent mis de côté et craint pour le maintien de la qualité de ses soins, alors que les administrateurs du CISSS nommés proviennent tous de l’ouest de la région.

«À la grandeur que la Côte-Nord a, et on a encore passablement de citoyens dans la région qui ne sont pas raccordés par la route, donc nous avions quand même une spécificité qui méritait d’être observée et accueillie et nous n’avons pas été entendus», a dénoncé le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier.

Initialement, la région réclamait au ministre l’implantation de deux CISSS pour le territoire, mais il n’y en a eu qu’un seul.

Une claque en pleine face

Le ministre se serait ensuite fait rassurant, en promettant que chaque secteur de la région serait bien représenté parmi les postes d’administration de la nouvelle entité. Le milieu est stupéfait de voir que c’est loin d’être le cas, après la nomination de quatre des plus hauts cadres qui proviennent tous de l’ouest de la région.

«On a reçu une claque en pleine face en voyant que les quatre postes les plus importants ont été nommés les quatre à Baie-Comeau, pourtant, on nous avait assuré que ce n’est pas vers là qu’on se dirigeait», a rapporté le maire de Sept-Îles.

Mobilisation

Devant le fait accompli, l’est de la Côte-Nord s’est allié et a créé le Comité d’action et de vigilance pour les services de santé de l’est de la Côte-Nord. Les acteurs des différents secteurs d’activités des communautés de l’Est (médecins, chef innu, représentants du milieu communautaire, des affaires...) sont convaincus que s’ils n’agissent pas, ce sont les patients qui seront les premiers affectés.

«Lorsqu’il y aura à prendre des décisions d’installer des équipements, les deux centres, l’est et l’ouest ont souvent les mêmes besoins. Si on a un seul centre de décision et que le pouvoir est concentré dans un endroit, la nature humaine étant ce qu’elle est, par instinct, on va tenter d’avoir les ressources près de nous, et l’exécutif étant à Baie-Comeau, on va sentir le déplacement vers là», a fait valoir le maire de Sept-Îles, précisant qu’il est loin d’être question d’une guerre de clocher, mais bien que ce sont les services à la population qui sont en jeu.

Le Comité demande à rencontrer le ministre Barrette et réclame qu’il corrige rapidement la situation. « On n’attendra pas jusqu’en juin, c’est maintenant qu’il doit se passer quelque chose», a conclu le maire Porlier.

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