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Lendemain de veille à l'UQAM

Lendemain de veille à l'UQAM
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins

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L’ambiance était plutôt calme à l’UQAM, jeudi matin, alors que l’université se remettait tranquillement du vandalisme et des affrontements survenus la veille.

 

Environ une centaine d’étudiants ont participé à une marche silencieuse pendant le cours du matin. Ils se sont rendus jusque devant les portes du pavillon J.-A. De Sève, avec une banderoles où on pouvait lire : «L’université n’est pas une téléréalité», en référence aux nombreuses caméras de surveillance installées depuis quelques semaines dans l’université.

Lendemain de veille à l'UQAM
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins

Le pavillon situé sur la rue Sainte-Catherine était toujours fermé, alors que l’université s’affairait à le remettre en état. Hier soir et la nuit dernière, des centaines d’étudiants ont occupé les lieux, et des méfaits ont été commis. Des machines distributrices, des caméras et du matériel ont été brisés, alors que des chaises et des fauteuils avaient été placés en travers des escaliers. La direction de l’UQAM n’était pas en mesure de préciser à quel montant s’élevaient les dommages, jeudi matin.

Lendemain de veille à l'UQAM
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins

Les étudiants protestaient contre l’arrestation de 22 des leurs, mercredi après-midi, alors que le Service de police de la Ville de Montréal est intervenu dans les murs de l’université après une manifestation mouvementée et des affrontements avec les gardiens de sécurité.

Lendemain de veille à l'UQAM
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins

La marche s’est déroulée dans le calme, jeudi matin, et les gardiens de sécurité ne sont pas intervenus. «Je soutiens à 100% l’occupation qui a eu lieu hier soir, en appui aux 22 personnes arrêtées. J’ai trouvé ça dégueulasse, la manière dont la police est intervenue», a affirmé au Journal une étudiante en sciences politiques qui n’a pas voulu se nommer.

Sur toutes les lèvres

Sur les étages, les étudiants n’avaient qu’un seul sujet de conversation : la journée chaotique de la veille.

Trois étudiants en gestion des opérations, qui ne sont pas en grève, étaient fâchés de ne pas avoir eu accès à leur cours, qui devait se dérouler au pavillon vandalisé.

«On se sent pris en otage, notre droit est violé», a dit Maxime Charlebois.

Sa collègue Catherine Lécuyer trouvait également la situation très injuste, alors que leur association étudiante s’est prononcée contre la grève.

Ils n’étaient pas à l’université mercredi, mais ont vu les images de ce qui s’est passé. «Ça fait peur», dit Catherine.

«Moi, je n’ai pas peur, mais je me demande à tous les jours si mon cours va avoir lieu, si on va m’empêcher d’entrer...» a lancé Maxime.

Caroline Bossanyi a quant à elle déploré que l’UQAM n’ait informé ses étudiants de l’annulation des cours dans le pavillon De Sève qu’à 8h15, ce matin.

«Ce n’est pas tout le monde qui habite à Montréal ! s’est-elle exclamé. Moi, j’habite dans les Laurentides et ça me prend 1h30 m’en venir le matin... Ils étaient au courant depuis longtemps de la situation du pavillon.»

Un peu plus loin, des étudiants en travail social – dont l’association étudiante des sciences humaines est en grève générale illimitée – discutaient aussi du chaos survenu la veille.

«Je suis venue faire un tour hier soir quand j’ai vu que mes collègues étaient visés par la police. Je ne suis pas restée longtemps, parce que j’ai vu que l’action n’était pas productive», a expliqué une étudiante qui n’a pas voulu se nommer.

Elle avoue avoir eu peur de venir à l’université ce matin, après tout ce qui s’y est passé hier, puisqu’elle a des problèmes de dos.

«Je trouve la cause super bonne, mais la façon de s’y prendre me laisse ambivalente, a-t-elle ajouté. J’aimerais qu’on trouve d’autres moyens de faire valoir notre point pour rallier les gens, parce que tout le monde est concerné [par les mesures d’austérité].»

Plus loin, dans le pavillon Judith-Jasmin, un exterminateur s’affairait à ôter de multiples sauterelles à l’aide d’un aspirateur. Les bestioles ont été lâchées hier soir ou durant la nuit, pendant l’occupation ; une autre désagréable surprise pour l’UQAM, ce matin.

Lendemain de veille à l'UQAM
Photo LE JOURNAL DE MONTRÉAL, CAMILLE LAURIN-DESJARDINS

«Il y en a partout, c'est effrayant! Ça rentre dans les murs et dans les locaux... J'ai jamais vu ça», a confié un employé de l’université, qui a préféré garder l’anonymat, puisqu’il n’a pas l’autorisation de s’adresser aux médias.

Lendemain de veille à l'UQAM
Photo LE JOURNAL DE MONTRÉAL, CAMILLE LAURIN-DESJARDINS

En 2012, un groupe avait fait le même genre de coup à l’Université de Montréal, en libérant des milliers de criquets dans l’immeuble de HEC Montréal.


En 2012, d'autres vandales avaient lâchés des sauterelles, aux HEC cette fois.

À l'époque, le geste nous avait inspiré un jeu vidéo que nous vous proposons de redécouvrir.

Cliquez dans la boîte pour activer le jeu, puis utilisez votre clavier pour jouer.