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La bougie d’allumage de Zach

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Étiqueté comme le meilleur gardien de la LHJMQ, en parfaite santé à ce stade-ci de la saison, obtenu de Halifax à la date limite des transactions pour conduire les Remparts à la Coupe du président, Zachary Fucale a cédé sa place à Callum Booth dans la partie initiale des éliminatoires du circuit Gilles Courteau.

Cette décision a fait jaser la colonie de gérants d’estrade à Québec et aux quatre coins de la ligue. Ils attendaient le résultat final de cette confrontation en première ronde avec les Screaming Eagles de Cap-Breton pour lyncher l’entraîneur Philippe Boucher.

Ses Remparts l’ont protégé en remportant une victoire en sept matches et une hausse barométrique a poussé la pression vers l’Île-du-Prince-Édouard et ses Islanders, leurs adversaires au deuxième tour. Fucale, un choix du Canadien, débutera cette ronde.

Boucher n’avait pas été très loquace dans ses explications. «Je ne rentrerai pas dans le cœur de la décision, a-t-il confié plus tôt cette semaine. Nous l’avons prise en groupe comme les autres et, à la fin, je les assume. Nous avons conclu que Callum nous donnait la meilleure chance de gagner la première rencontre.»

Booth n’a pas perdu ce match. «Ne le blâmez pas pour la défaite.» Ensuite, il a réalisé un blanchissage dans la seconde partie. Lors du troisième duel, les deux hommes masqués des Remparts ont partagé le boulot. Les poteaux appartiennent à Fucale depuis.

L’étincelle manquante

Des décisions se prennent dans le hockey sans se baser sur une longue et interminable analyse. Les Remparts misent sur deux gardiens de qualité. Un qui a presque tout gagné en la personne de Fucale et un qui a connu une excellente saison et dont la présence devant le filet n’est jamais remise en question par ses coéquipiers, Booth.

Il a très bien fait son job avec les boys, cette année, ajouterais-je, mais cette donnée n’a pas pesé dans l’équation. Elle est de mon cru.

Chose certaine, en discutant avec Boucher, en essayant de l’attirer au cœur de la décision des coaches, on en vient à conclure que la recrue Booth a servi de bougie d’allumage pour le vétéran gardien. «Il a créé chez ce vieux loup de la LHJMQ l’étincelle qui lui manquait pour attaquer les séries le couteau entre les dents. Et nous n’avions aucune inquiétude avec Callum», reconnaît Boucher.

Il ajoute que son directeur général n’a pas remis en question sa décision de tasser l’homme qu’il a été chercher justement pour le «ride» des séries. Pour ceux qui l’ignorent encore, Boucher occupe les deux fonctions. «L’entraîneur n’est pas ici pour justifier les mouvements de personnel du DG. C’était ma philosophie à Rimouski et elle le restera tant et aussi longtemps que j’occuperai les deux fonctions.»

Des surprises

Les Remparts et les Islanders s’attaquent maintenant à la deuxième ronde en regardant dans leurs rétroviseurs. La première ronde, celle qu’on redoute souvent le plus, appartient au passé.

«Je ne sais pas s’il existe une période de deux semaines plus excitantes que cette première ronde dans les séries. Tous les soirs, il se produit quelque chose de spécial: un but bizarre, une prolongation, une suspension et, à la fin, une victoire surprise d’une équipe.»

Les Remparts auraient pu se trouver de l’autre côté de la ligne si Boucher n’avait pas sorti le fouet et Booth.


Peu d’amis dans la ligue

Le prochain tournoi de la Coupe Memorial n’alimente pas l’actualité chez les Remparts de Québec.

«C’est toujours spécial de se retrouver dans le rôle de l’équipe hôtesse du championnat canadien tout en participant aux séries pour la Coupe du président, affirme Philippe Boucher. À l’exception des membres de l’équipe et de l’organisation, peu de gens souhaitent que nous la remportions.»

Les Remparts ne comptent pas sur beaucoup d’amis dans le circuit Courteau. Ils évoluent dans le plus gros édifice de la LHJMQ et le Centre Vidéotron sera encore plus impressionnant que le vieux Colisée. Les Remparts accueillent de grosses foules et les joueurs jouissent d’un traitement médiatique unique au hockey junior.

«Nous sommes ce qui se rapproche le plus de la LNH et du Canadien de Montréal après... deux défaites.»

Trop long

Boucher n’aurait pas voulu se retrouver dans une séquence de six semaines sans jouer un match, le triste sort de l’équipe hôtesse qui perd au premier tour.

«C’est l’enfer! La pression augmente d’une semaine à l’autre, puis d’un jour à l’autre. Les gars veulent jouer, pas juste s’entraîner. On verra déjà une différence en deuxième ronde. Ils tiendront leurs bâtons moins serrés.»