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Grabuge étudiant : qui sont les vrais pyromanes?

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Je n’ai pas aimé ce que j’ai vu cette semaine. J’ai été attristée de voir ces jeunes casseurs profiter d’un semblant de grève étudiante pour tenter de justifier des actes de vandalisme. J’ai aussi été ­choquée de voir ces professeurs louanger la bravoure d’une poignée de voyous sous prétexte qu’ils se battent pour une cause noble, celle de l’éducation.

Démocratie ?

Désolée, mais je ne vois rien de noble à tout saccager. Comment peut-on justifier qu’une centaine d’étudiants (s’ils sont bel et bien tous des étudiants) puissent déranger la quiétude des quarante-quatre mille autres qui fréquentent l’UQAM? Il n’y a que le tiers de ceux qui fréquentent cette université qui a voté pour la grève. Tous les autres la subissent malgré eux.

Sur quelle base démocratique devrait-on accepter qu’une minorité puisse empêcher une majorité d’étudier, d’avoir accès à ses cours? Je ne peux pas croire que des professeurs, payés de nos poches, cautionnent des manifestants masqués et cagoulés. S’ils sont si braves et fiers de leur cause, qu’ils agissent à visage découvert. Ils traitent même le recteur de pompier pyromane qui jette de l’huile sur le feu. Le recteur n’a pas eu besoin d’ajouter de l’huile, le feu était déjà bien pris. Il a tout simplement trop attendu avant d’éteindre les premiers foyers d’incendie.

Comment ces mêmes professeurs réagiraient-ils si des individus masqués et cagoulés se présentaient à leur résidence pour foutre le bordel? Ils les accueilleraient à bras ouverts? Voyons, il y a des limites à la bêtise. Ils seraient les premiers à appeler les policiers. Pourquoi le recteur devrait-il accepter dans son université ce que nous n’accepterions jamais chez nous?

Une majorité silencieuse

Malheureusement, c’est presque toujours le message de la minorité qu’on entend. La majorité des professeurs qui souhaite donner ses cours et la majorité des étudiants qui souhaite étudier préfèrent s’éloigner du débat pour ne pas faire de vagues, peut-être par crainte de représailles. La minorité occupe tellement tout le débat, qu’elle en vient à croire qu’elle représente la pensée de la majorité. Pourtant, encore cette semaine, un sondage Léger marketing démontrait que la majorité des Québécois est en faveur des compressions pour l’atteinte du déficit zéro. Ce même sondage démontrait aussi que 61 % des Québécois veulent un respect accru de la loi et l’ordre.

Ce n’est pas en effectuant du grabuge qui nous coûte des milliers de dollars en nettoyage et en réparations que ces manifestants vont réussir à faire valoir leur point de vue et à s’attirer la sympathie du public. Ces profs qui les défendent semblent oublier que le gouvernement actuel a été élu de façon démocratique. Bien sûr, ils ont le droit d’exprimer leur opposition à certaines mesures, de dénoncer des coupes, mais selon les lois et les règles qui nous régissent. On ne peut pas tolérer que des gestes de violence et des actes de vandalisme demeurent impunis. D’ailleurs, on ne devrait pas tolérer non plus ceux qui encouragent les jeunes à agir ainsi. Ce sont eux qui mettent le feu pour leurs propres intérêts, mais c’est toute la réputation de l’UQAM qui est en jeu.

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