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Hillary, pourquoi, au juste?...

Hillary Clinton
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Lorsqu’Hillary Clinton est venue à Montréal, le 18 mars 2014, pour prononcer une allocution sur le rôle des femmes dans l’économie mondiale, j’étais assise dans la salle bondée du Palais des congrès, à quelques pas de la scène, à quelques mètres d’elle. Devant moi, sur le podium, se dressait l’évidence, comme pour tout le monde dans la salle : Hillary, à 66 ans, avait tout ce qu’il fallait pour devenir le prochain leader du monde libre.


Alors que tous les sondages nous prédisaient que l’ex First-Lady de 1992 à 2000 battrait à plate couture ses adversaires potentiels à l’investiture démocrate et tous les candidats républicains en vue de la course présidentielle de 2016, une question me taraudait cependant l’esprit: pourquoi, au juste, Hillary se lancerait-elle dans une telle galère?...


Un an plus tard, les médias américains -sans surprise- nous apprennent que Clinton fait le saut. Elle lancera officiellement sa campagne ce dimanche, à Brooklyn, dans l’état de New York dont elle fut sénatrice de 2000 à 2008, juste avant d’accepter le job « tue monde » de secrétaire d’État dans la nouvelle administration Obama. Un mandat qui l’a amené à parcourir une distance équivalente à 38 fois le tour de la planète. Jusqu’en 2012, moment où elle a « quitté » la vie politique.


À partir de ce dimanche, donc, Hillary Clinton, encore une fois, n’aura plus de vie... Les médias (avec qui elle a toujours eu une relation complexe) vont épier/analyser/interpréter ses moindres faits et gestes. Ses détracteurs -et ils sont nombreux- et ses adversaires républicains vont se permettre les salves les plus vicieuses...


Le « email-gate », Benghazi, le financement de sa campagne (dans laquelle on estime qu’elle injectera jusqu’à 2 milliards de dollars), les parfums de secret, sa vie de couple avec Bill, Lewinsky... tout va y passer. Et comme elle aspire au plus haut poste, et comme elle sera vraisemblablement seule en lice chez les démocrates, toutes les attaques seront dirigées vers elle et elles seront multipliées par mille. Autant dire qu’elle sera littéralement crucifiée sur la place publique...


Depuis son passage à Montréal, Hillary Clinton a vieilli d’un an, est devenue grand-mère de la petite Charlotte et à coup de conférence à 250 000 dollars le cachet, a engrangé plusieurs autres millions... Après 25 ans de vie publique, à 67 ans, on la comprendrait de vouloir rentrer dans ses terres et de se la couler douce.


Difficile, à ce stade-ci, de prévoir si Hillary Clinton deviendra présidente des États-Unis en 2016 (les sondages lui sont aujourd’hui un peu moins favorables qu’il y a un an). Mais en suivant le cirque médiatique entourant le coup d’envoi officiel de sa campagne, dimanche, en prenant la mesure de la folie entourant sa candidature, je peux déjà prévoir la question qui me traversera l’esprit : pourquoi, au juste, Hillary se lance-t-elle dans une telle galère?


Décidément, l’attrait du pouvoir (même celui qui vous remet entre les mains les destinées du monde libre) a ses mystères que ma raison jamais ne saura saisir...

 


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