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Le mirage d’Ottawa

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Les Sénateurs d’Ottawa s’amèneront à Montréal comme des conquérants, une équipe qui a tout renversé sur son passage à ses 30 derniers matchs. Justement, la troupe de la capitale fédérale a créé un mirage en atteignant son apogée dans les semaines qui viennent de passer.

Ils ont joué leurs éliminatoires dans cette période où ils ont déployé beaucoup d’intensité affichant la tenue d’une équipe sans faille. Mais voilà! Il ne s’agissait pas des séries. La cloche a résonné trop tôt.

Les Sénateurs ont créé de l’inquiétude dans le camp des partisans du Canadien. Ils ont oublié que le Tricolore a terminé la campagne avec 110 points et 50 victoires remportant le championnat de la section Atlantique. Il n’a accusé qu’un recul de trois points sur une superbe machine de hockey, en 2014-2015, celle des Rangers de New York.

Les Glorieux n’ont pas vraiment connu de périodes creuses laissant entrevoir une débandade au classement. Ils ont été réguliers d’un fil à l’autre. Comme il existe toujours un facteur chance dans une saison de hockey, celui du Canadien fut celui des blessures. L’infirmerie est restée propre à l’exception de courtes visites où les blessés n’y allaient presque que pour ramasser un sac de glace. Il ne faudrait pas que le vent tourne en ce printemps.

Des canons cachés

Si les Sénateurs avaient joué aussi bien à compter du match des étoiles que pendant toute la campagne, ils auraient été un rival difficile à vaincre pour le Canadien. Mais le classement final n’aurait probablement pas été le même.

En offensive, la recrue Mark Stone s’est transformée en Alex Ovechkin.

Le gardien Andrew Hammond a remporté 20 de ses 24 matchs. On se souviendra du rôle qu’a tenu Craig Anderson en 2013. Le vétéran Milan Michalek gardera sa place. Il a amassé 34 points à ses 66 dernières parties.

Mais pour détruire Hammond, Stone et Erik Karlsson, ça prend juste une arme de destruction massive et le Canadien mise sur celle-ci en Carey Price. Il vient de réaliser la saison de sa carrière.

Le jeu défensif du Canadien, plus souvent ennuyant que palpitant, trouvera la façon d’anéantir le système plus offensif des Sénateurs. Montréal ne devra toutefois pas trop tarder à mettre sa recette en place. Ça ne prend pas grand-chose au Tricolore pour devenir plus redoutable à l’attaque.

Max Pacioretty doit jouer et trouver le fond du filet. Alex Galchenyuk maintenant? Est-il plus talentueux que celui qu’on a vu pendant l’année ou les entraîneurs tiennent encore les guides trop serrées? Qu’on lui donne la chance de s’exprimer et on verra.

Tomas Plekanec n’a jamais connu de grosses séries en offensive. L’heure du réveil a sonné. Que le Tchèque oublie un peu sa défensive et bouge les cordages. Rares les équipes qui misent un duo de défenseurs de la qualité de P.K. Subban et Andrei Markov qui, à deux, ont récolté 110 points. Si ces cinq joueurs foncent en zone ennemie avec le talent qu’on leur reconnaît, le Canadien n’aurait pas trop à se casser la tête pour allumer la rouge. Mais s’agit-il du souhait de l’entraîneur Michel Therrien?

Une puissance dans l’Est

Dans les quatre ou cinq dernières années, les analyses évoquaient la puissance de l’Ouest au détriment de l’Est. Ce qui ne s’avérera pas le cas ce printemps. Les Rangers de New York figurent autant parmi les favoris pour gagner la coupe que Saint-Louis, Nashville, Chicago, Anaheim.

Les hommes d’Alain Vigneault ont connu une saison exceptionnelle. Ils sont les favoris pour gagner la coupe Stanley devant les Blackhawks de Chicago et les Blues de Saint-Louis. Le Canadien vient au sixième rang. Les pronostics accordent le moins de chances à Calgary et à Winnipeg.


Pas pour les gardiens recrues

Seulement quatre gardiens ont gagné la coupe Stanley alors qu’il avaient plus de 30 ans et disputé au delà de 60 parties pendant la saison. Ils sont Martin Brodeur, Dominik Hasek, Patrick Roy et Tim Thomas. Braden Holtby (73) et Pekka Rinne (64) sont les deux seuls gardiens de plus de 60 matches en saison à participer aux séries 2015. Si on élimine Dan Byslma qui a gagné le gros trophée après avoir relevé l’entraîneur en poste (Michel Therrien à Pittsburgh), seulement trois entraîneurs recrue l’ont gagné soit Claude Ruel (1969), Al McNeil en 1971 et Jean Perron en 1986.

Bouillon de retour

Âgé de 39 ans, le défenseur Francis Bouillon ne retournerait pas en Suisse, la saison prochaine. Il ne s’agirait pas de sa décision personnelle, mais d’une de famille. Son épouse n’aurait pas apprécié l’expérience.

Valse printanière

Craig Berube, à Philadelphie, deviendrait le prochain entraîneur à perdre son boulot avant le repêchage. À Edmonton, le dg Craig MacTavish voudrait embaucher un directeur du recrutement avec un très gros curriculum vitae, ce que refuserait le propriétaire Daryl Katz. Ray Shero (Pittsburgh) et George McPhee (Washington) aimeraient revenir en poste dans la LNH, mais pas à Toronto où Brendan Shanahan occupera trop de place. Chez les Maple Leafs, tout est à refaire. C’est une honte que de voir l’équipe la plus riche dans le circuit Bettman patauger dans les bas-fonds tandis que les Oilers ne devraient pas s’y trouver avec tous les excellents choix des dernières années.