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Un grand champion

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En réussissant un rare doublé avec des victoires à Milan-San Remo et Paris-Roubaix dimanche dernier, l’Allemand John Degenkolb prouve de la plus belle des façons qu’il est un grand champion.

Âgé de 26 ans, le cycliste de la formation Giant-Alpecin a remporté «la reine des classiques» au sprint devant six autres coureurs regroupés dans les derniers mètres sur le vélodrome de Roubaix. Doté d’une belle pointe de vitesse, il a lancé son sprint par l’extérieur sans jamais être inquiété par ses adversaires.

Deuxième l’an dernier, l’Allemand a devancé au fil d’arrivée le Tchèque Zdenek Stybar et le Belge Greg Van Avermaet.

Degenkolb est devenu le premier cycliste depuis Sean Kelly, en 1986, à faire coup double sur ces deux monuments.

Tout au long de la course, il n’a pas joué au facteur discret, toujours protégé par ses équipiers. Au contraire, il s’est montré le nez, il a pris du vent et il a provoqué des choses.

Dans cette belle course, le parcours toujours vers le nord ne change jamais de direction. Le vent favorable et le beau temps ont donc joué un rôle important cette année. Quelque 253 kilomètres en 5 h 49 min 51 s, avec 27 secteurs pavés, c’est ultrarapide comme rythme. Avec une vingtaine de kilomètres à faire, ils étaient toujours une trentaine à se battre à l’avant, mais les favoris étaient présents.

La dernière de Wiggins

Un mot sur l’ex-vainqueur du Tour de France Bradley Wiggins, qui disputait sa dernière course avant de se concentrer sur les épreuves sur piste aux Jeux olympiques de 2016. Malgré sa 18e place, il a bien essayé, mais il n’avait rien pour faire la différence. Le 7 juin, il tentera de battre le record de l’heure. Un peu énigmatique, Wiggins n’a jamais aimé l’attention médiatique.

Des frustrations

Autant pour Peter Sagan que pour l’équipe Etixx Quick Step, c’est un peu le Jour de la marmotte. Frustré par un bris mécanique, Sagan a lancé son vélo en fin de course. Il a peut-être sous-estimé les classiques. Il doit se poser des questions et tracer un bilan de ses difficultés à gagner. Chez Etixx, trois cyclistes peuvent faire le top 10 chaque fois, mais le manque de cohésion provoque des échecs au final.

J’ai également une belle pensée pour Antoine Duchesne (Europcar), qui a terminé son premier Paris-Roubaix à 23 ans seulement. Malgré la douleur, c’est un bel accomplissement. La satisfaction qu’il devait ressentir au centre du vélodrome après l’épreuve est difficile à décrire. Il faut puiser très loin dans ses réserves.

Les Ardennes

À moins d’un mois du Tour d’Italie, le peloton se dirige maintenant vers les classiques ardennaises, le second souffle avec l’Amstel Gold Race, la Flèche wallonne et la doyenne Liège-Bastogne-Liège. Des coureurs différents pourront maintenant jouer leurs cartes. Je pense à Ryder Hesjedal, Vincenzo Nibali, Dan Martin, Richie Porte et au champion du monde, Michal Kwiatkowski.

— Propos recueillis par Jean-François Racine