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2 provinces, 2 approches

2 provinces, 2 approches
Photo Agence QMI, Joel Lemay

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La Colombie-Britannique est en train de s’enfarger dans un projet informatique de 842 M$. Il s’agit d’un dossier électronique de santé. Ça vous dit quelque chose ?

Comme le Québec, la province de l’Ouest a entrepris de se créer un dossier unique pour chaque patient. C’est leur Dossier santé Québec.

Et ça va mal, comme au Québec. Mais, l’approche pour s’en sortir est différente.

Le projet d’informatisation du réseau de la Santé, au Québec, était promis pour 2011, à un coût de 543 M$. Québec cible maintenant 2021 et un coût de 1,6 G$.

Plusieurs observateurs, dont l’ancien ministre Claude Castonguay, peine à comprendre pourquoi le projet a continué malgré les échecs. Cette question justifie une enquête, selon lui.

Même si les millions en service-conseil ont continué à se dépenser, même si les gestionnaires responsables ont été remplacés, même si le vérificateur général a constaté l’ampleur de l’échec, même si l’une des pilotes du dossier a déjà admis que le privé avait pris le contrôle du projet... le chantier a toujours été poursuivi.

Mais la Colombie-Britannique n’a pas fait ça.

Leur projet a été lancé en 2013, il doit se terminer en 2019. Le Globe and Mail a révélé hier que le gouvernement britanno-colombien a constaté que le projet s’en allait dans le mur et a donc décidé de mettre un frein.

Le plus important contrat pour le projet, avec la firme IBM, a été annulé, alors que seulement 15% du travail a été entrepris (70 M$).

Cette décision pourrait provoquer un retard d’un an au projet. Mais, c’était mieux comme ça selon le gouvernement.

« C’est mieux de recommencer maintenant que d’arriver à la moitié du projet et de réaliser que le projet est loin d’être ce qui avait été prévu», a expliqué le ministre de la Santé Terry Lake au journal national.

Québec peut se consoler en constatant que d’autres provinces peinent aussi avec l’informatisation de la santé, mais notre gouvernement peut aussi se demander s'il n’avait pas été préférable aussi annuler le projet pour mieux repartir à l’époque. D’ailleurs, l’actuel ministre Gaétan Barrette mentionne lui-même que c’est ce que la province aurait dû faire.

En entrevue, il avait déjà dit que le projet «devrait être abandonné et restructuré». Mais ça coûterait «un autre milliard de dollars» et l’argent n’est pas disponible, disait-il.


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