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Vente du Cirque du Soleil : Couillard ne fera rien

Vente du Cirque du Soleil : Couillard ne fera rien
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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Le gouvernement du Québec n’interviendra pas pour empêcher la vente du Cirque du Soleil à des intérêts étrangers, avertit Philippe Couillard.

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«Il n'est pas question pour le gouvernement du Québec de s'imbriquer dans une transaction privée, ça, je vais le dire de façon très, très nette», a lancé le premier ministre jeudi durant la période de questions à l’Assemblée nationale.

M. Couillard, qui s’est fait poivrer de questions par les péquistes et caquistes, prêche pour le laisser-faire. «On ne voudrait pas que les gouvernements étrangers s'imbriquent lorsque des groupes du Québec essaient de faire des transactions à l'étranger», explique-t-il.

À son avis, «l’État n’a pas à s’insérer dans une transaction privée», car il n’est pas propriétaire du Cirque du Soleil. «C’est M. Laliberté [le propriétaire]», a-t-il ajouté.

Legault en deuil

La position des libéraux «frustre et choque» François Legault. «On a un premier ministre pour qui un groupe de gens d’affaires québécois, c'est la même chose qu'un groupe de gens d'affaires du Texas. On a un premier ministre qui est résigné, on a un premier ministre qui est un spectateur. On aimerait ça avoir un leader», a lancé M. Legault en chambre, visiblement furieux.

À son avis, la vente du Cirque à un fonds d’investissement du Texas sonne le glas pour le siège social montréalais du Cirque et ses 1400 employés. «On a beau faire des promesses, on n’a qu’à regarder le siège social d’Alcan à Montréal: il ne reste plus personne», a dénoncé M. Legault. Il estime que le premier ministre aurait dû avoir assez de «leadership», pour former un groupe d’investisseurs québécois pour faire une contre-offre.

«Je me sens en deuil aujourd’hui. Je suis frustré, choqué. Je suis très fâché que M. Couillard n’ait pas fait plus», a-t-il dit au matin à l’entrée du caucus de son parti. 

Le chef péquiste par intérim Stéphane Bédard croit lui aussi que des Québécois avaient la capacité de mettre la main sur ce symbole de la réussite québécoise à l’international. «Il y a des capitaux au Québec. Il y en a qui dorment. Il y a de grands gestionnaires. Il y a certainement moyen de faire une offre convenable avec les capitaux qu’on a ici. Ce qui manquait c’était du leadership et de la volonté. C’est ce que le gouvernement n’a pas eu», a affirmé M. Bédard à l’entrée du caucus matinal de son parti.

«C’est une mauvaise nouvelle. C’est la perte de contrôle de l’un de nos plus grands succès internationaux. Ça s’inscrit dans la morosité économique et le laisser-faire gouvernemental qui fait qu’il n’y a pas de mobilisation. Normalement tout le monde aurait dû se mobiliser pour conserver la propriété québécoise», a déploré M. Bédard.

«C'est assez triste, a pour sa part commenté la porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Françoise David, de passage à Gaspé. Bombardier parle de vendre une bonne partie de ses actifs et là, c'est le Cirque du Soleil qui vendrait 90 % de ses actifs. On perd des fleurons québécois. Mais d'un autre côté, est-ce qu'on peut imaginer même un gouvernement solidaire mettre des milliards de dollars dans le Cirque du Soleil, je ne suis pas certaine que la population approuverait, sincèrement.»

«Ce que je trouve malheureux, elles sont vendues pour que leurs propriétaires fassent plus d'argent, a-t-elle poursuivi. Je rappellerai que ces entreprises rentables le sont grandement grâce à des coups de pouce de l'État québécois.»

– Avec la collaboration de Nelson Sergerie

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