/entertainment/comedy
Navigation

Rachid Badouri réalise son rêve de petit garçon

Son premier spectacle en anglais est présenté ce soir à New York

Rachid Badouri
Photo Le Journal de Montréal, Marie-Joelle Parent Rachid Badouri, 38 ans, devant le Ed Sullivan Theater, à Manhattan, quelques instants avant de monter sur scène pour la première fois aux États-Unis. Faire de l’humour en anglais est le nouveau défi de sa carrière.

Coup d'oeil sur cet article

NEW YORK | Rachid Badouri rêve de jouer sur scène aux États-Unis depuis l’enfance. C’est maintenant chose faite. L’humoriste qui connaît un grand succès au Québec, en France, en Belgique et au Maroc tente maintenant sa chance à New York.

NEW YORK | Rachid Badouri rêve de jouer sur scène aux États-Unis depuis l’enfance. C’est maintenant chose faite. L’humoriste qui connaît un grand succès au Québec, en France, en Belgique et au Maroc tente maintenant sa chance à New York.

«Avant même de vouloir faire de l’humour au Québec, je voulais juste être une vedette américaine, depuis que je suis né. J’ai grandi avec cette culture-là. Je ne parlais même pas anglais, enfant, mais j’imitais les acteurs américains», dit Rachid Badouri, sa casquette des Expos sur la tête, assis dans un hôtel non loin de Times Square.

Après quatre mois de tournée en France et au Maroc, on le sent heureux d’être enfin à New York.

Invitation

C’est Gregory Charles, dont le théâtre QUBE est installé sur les rives du fleuve Hudson jusqu’au mois de mai, qui l’a invité à venir tester quelques gags en anglais durant l’entracte de son spectacle Vintage Live!

«C’est une super expérience, mais c’est sûr que pour l’instant, ce ne sont pas les conditions idéales, les gens dans la salle ne sont pas venus pour me voir», dit-il, réaliste.

Après deux soirs de rodage, il donnera ce soir une trentaine de minutes de spectacle dans la langue de Shakespeare.

«Les trois derniers mois ont été fous!» dit l’humoriste, à propos de l’offre de Gregory Charles, une offre qu’il ne pouvait refuser, mais qui lui laissait très peu de temps pour bâtir un spectacle en anglais à partir de zéro.

«C’est le genre de truc qui m’aurait pris trois ans minimum à préparer».

La dernière fois où il a eu autant de pression remonte à l’été 2009, quand il a dû préparer en une semaine l’hommage à Michael Jackson pour le festival Juste pour rire.

Percer en anglais

Cette fois, il est allé chercher l’aide de l’humoriste québécois anglophone Derek Séguin.

«Il m’a aidé à traduire des textes, il m’a vraiment guidé. En anglais, la mise en scène prend le bord. J’ai dû apprendre à tenir un micro, ce que je n’avais jamais fait. Je le tenais comme Eminem! J’ai toujours utilisé un micro-casque ce qui serait impensable quand on fait du “stand-up”.»

Pour se préparer, Rachid a testé ses blagues dans les «comedy clubs» et les bars sombres de Montréal et Rochester dans le nord de l’État de New York.

«Le premier bar où je suis allé, j’ai presque mouillé mon pantalon, j’avais perdu toute confiance en moi.»

Il s’est même produit dans un restaurant de burritos végétalien devant une foule de neuf hipsters. «Ça ne s’invente pas». Bref, il a fait ses classes.

«Je pense qu’un artiste n’est pas né pour gérer de la gloire et du succès 24 h/24, à un moment donné il pète. Moi j’ai la chance de recommencer à zéro comme j’ai fait en France. Là, je recommence à zéro avec l’anglais», dit celui qui admire les carrières de Jim Carey, Ellen Degeneres, Chris Rock et Chris Tucker.

«Frank Sinatra disait If you can make it here you can make it anywhere. Il faut juste trouver la bonne formule et charmer ton public», dit le jeune papa.

Il est peut-être un parfait inconnu à New York, mais il ne passe pas inaperçu dans les rues de Manhattan pour autant. Après l’entrevue, à peine sorti de son hôtel, il a été salué par deux Montréalais originaires du Maroc qui lui ont souhaité bonne chance.