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Les Mohawks honorés par le gouvernement américain

Le Mohawk de Kahnawake Michael Stalk Sr, ancien monteur de charpentes métalliques, est fier de voir sa nation recon­nue sur une pièce de monnaie américaine. «Dans chaque grande métropole des États-Unis, on peut regarder vers le ciel et dire que les Mohawks ont aidé à construire la ville.»
Photo Journal de Montréal, Chantal Poirier Le Mohawk de Kahnawake Michael Stalk Sr, ancien monteur de charpentes métalliques, est fier de voir sa nation recon­nue sur une pièce de monnaie américaine. «Dans chaque grande métropole des États-Unis, on peut regarder vers le ciel et dire que les Mohawks ont aidé à construire la ville.»

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NEW YORK | La marque des Mohawks est partout à New York, où ils ont érigé presque tous les gratte-ciel et les ponts depuis plus d’un siècle. Le gouvernement américain leur rend maintenant hommage avec une pièce de monnaie commémorative.

Les Mohawks de Kahnawake et d’Akwesasne ont travaillé comme monteurs de charpentes métalliques sur les plus grandes constructions de New York comme le World Trade Center, l’Empire State Building, le pont George Washington, le Rockefeller Center et le siège des Nations unies.

Ils ont, en d’autres termes, façonné la ligne d’horizon de la Grosse Pomme.

«C’est une tradition chez les Mohawks d’être monteurs de charpentes. On n’arrivait pas à trouver du travail autour de la réserve, alors on regardait du côté des États-Unis. C’était prestigieux de suivre les traces de nos parents et grands-­parents», dit Michael Stalk Sr.

Le Mohawk de 56 ans a travaillé pendant sept ans sur plusieurs chantiers à New York dans les années 1980.

À gauche, le Mohawk Alex Mayo sur une poutre dans les hauteurs de Manhattan en 1971 et, à droite, Michael Stalk Sr à Manhattan dans les années 1980.
Photo courtoisie et Kahnawake’s Kanien’kehá:ka Onkwawén:na Raotitióhkwa
À gauche, le Mohawk Alex Mayo sur une poutre dans les hauteurs de Manhattan en 1971 et, à droite, Michael Stalk Sr à Manhattan dans les années 1980.

«Parfois, 90 % des hommes présents sur le chantier étaient de ma communauté, de Kahnawake», dit-il.

«Le plus gros boom était dans les années 1960. Beaucoup d’entre nous ont mis le cap sur New York. Ça parlait mohawk sur les chantiers», se souvient George «Pidgie» Norton, retraité de 68 ans.

Il a été monteur de charpentes pendant 42 ans. Il a travaillé à la construction de la tour numéro 6 de l’ancien World Trade Center.

Dénués de peur

Les Mohawks étaient très recherchés sur les chantiers parce qu’on les disait dénués de tout vertige.

«Quand les travailleurs locaux refusaient de monter trop haut, les entrepreneurs disaient d’aller chercher les Mohawks!» se souvient Sam Kirby, 72 ans.

Il a travaillé à la construction du pont Verrazano-Narrows au début des années 1960.

Il avait à peine 18 ans et portait une plume sur son casque de construction pour signaler ses origines.

Le célèbre auteur new-yorkais Gay Talese a d’ailleurs écrit sur le courage des travailleurs mohawks dans son livre Fame and Obscurity.

Les Mohawks de Kahnawake sont devenus monteurs de charpentes métalliques en 1886, quand la Société du pont Dominion a commencé la construction du pont Saint-Laurent.

La société avait promis des emplois d’ouvriers aux Mohawks en échange de l’utilisation de leurs terres.


Des hommes courageux

♦ Dans les années 1950, on comptait près de 800 monteurs de charpentes mohawks à New York.

♦ Ils étaient si nombreux à Brooklyn dans les années 1950 qu’un quartier avait été rebaptisé «Petit Kahnawake».

♦ Ils sont aujourd’hui près de 200 à travailler sur les grands chantiers new-yorkais et ils forment 10 % de cette masse de travailleurs.

♦ Certains gagnent près de 100 000 $ par an et constituent la sixième génération d’hommes exerçant ce métier dans leur famille.

♦ La plupart d’entre eux reviennent encore au Canada chaque fin de semaine pour voir leurs proches.

♦ «Les plus jeunes ne veulent plus vraiment faire ça, dit le retraité George Norton. Le coût de voyagement et les appartements autour de New York sont devenus trop chers, les jeunes vont à l’école, ils ont d’autres choix que nous n’avions pas.»

♦ Les Mohawks ont aussi travaillé un peu partout aux États-Unis, participant à la construction du Golden Gate Bridge à San Francisco et de la tour Sears à Chicago.

♦ En septembre 2001, après la chute des tours jumelles, les fils et neveux des monteurs de charpentes métalliques qui avaient construit le World Trade Center sont retournés sur le site pour aider à démanteler ce que leurs aînés avaient contribué à bâtir.

♦ Plusieurs travaillent aujourd’hui à la reconstruction du site.

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