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Ils risquent la prison pour avoir enroulé leur bébé dans une doudou

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SAINT-HYACINTHE | Une fillette qui a été enroulée dans une doudou de la Fée clochette par ses parents n’est même plus capable d’avaler sa propre salive en raison des dommages neurologiques qu’elle a subis.

Lors des représentations sur sentence des parents, la Couronne a demandé 24 mois de prison pour la mère et 48 mois pour le père accusés d’avoir rendu leur fillette lourdement handicapée.

En janvier 2011, le père a enroulé sa fille de 17 mois, tête vers le sol, dans une douillette, parce qu’elle refusait de dormir.

Le manque d’oxygène et la déshydratation l’ont laissée dans un état neurovégétatif et lourdement handicapée.

Au restaurant

Aujourd’hui âgée de cinq ans, la petite fille, qui marchait et parlait avant l’incident, a le développement d’un bébé de six mois.

Clouée dans un fauteuil roulant qui lui tient la tête et le tronc, elle dépend entièrement des autres pour chaque geste de son quotidien.

La procureure de la Couronne, Claudie Gilbert, a mentionné que cette cause ressemblait davantage à un cas de négligence causant la mort que des lésions, parce que «à part le fait qu’elle respire, la fillette n’est même pas capable d’avaler sa propre salive».

Le lendemain des faits reprochés, les parents sont allés au restaurant, plutôt que de lui porter une assistance immédiate. «Qu’ils aillent au restaurant, pendant plus d’une heure, avec un bébé quasiment mort dépasse l’entendement», a mentionné la procureure.

Elle a aussi souligné l’absence d’empathie du père, qui est demeuré froid tout au long des procédures, et le fait que la mère, qui devait protéger son enfant, ne soit pas intervenue et l’ait laissée souffrir.

Pas la première fois

Lors de son témoignage, le père a affirmé qu’il donnerait n’importe quoi pour que ce ne soit jamais arrivé. Il a toutefois admis que ce n’était pas la première fois qu’il enroulait sa fille de la sorte.

La mère reconnaît sa responsabilité. Elle aurait dit à une intervenante sociale venue témoigner :«c’est ma poupée et c’est moi qui l’ai brisée».

Elle continue de voir sa fille lors de visites supervisées et a suivi une formation pour apprendre à la manipuler, en dépit de ses handicaps.

L’intervenante a souligné que les capacités parentales du père étaient si faibles qu’elle serait inquiète qu’il les revoie.

«Lors de visites supervisées, il manipulait l’enfant comme un bébé de trois mois, en la brandissant dans les airs, ce qui n’est pas du tout adapté à sa condition.» Aujourd’hui, il n’a plus le droit de la voir.