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Après nous, le déluge

Été 1996 — Déluge du Saguenay
Photo d'archives

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« J’entends qu’en 2080, on aura peut-être un problème. Eh bien, pourquoi ne laissons-nous pas à la petite-fille du premier ministre le soin de régler ce problème ? »

- Joe Oliver, ministre des finances du gouvernement canadien

Il semble y avoir une ligne directrice dans la gestion du gouvernement fédéral qu’on pourrait résumer par la phrase « après nous le déluge ».

En effet, comment peut-on percevoir autrement la réponse du ministre Joe Oliver à la critique du directeur parlementaire du budget (DPB) tout comme de l’économiste à l’origine du CELI qui ont tous deux dit que le doublement à 10 000 $ de la limite de contributions annuelles permises dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) risque de sérieusement grever les finances publiques? En 2050, cette mesure privera Ottawa de 11 milliards de dollars en revenus par année.

Il en va exactement de même pour les dossiers écologiques.

Nulle part dans ce budget n’est-il question de changements climatiques ou de gestion responsable des énergies fossiles. Alors que nous sommes à quelques mois à peine du Sommet de Paris sur les changements climatiques et que la Banque Mondiale exhorte les pays du monde, dont le Canada, à s’engager de façon sérieuse dans la lutte aux changements climatiques, le Canada n'en dit pas un mot dans son budget.

Après nous le déluge.

Et c’est exactement ce vers quoi on s’en va. Les changements climatiques vont augmenter le nombre et la gravité des inondations, des incendies, des sécheresses, des feux de forêt, bref des conditions climatiques extrêmes.

On s’en va dans le mur et pendant ce temps le Canada pèse sur l’accélérateur pour qu’on y aille plus rapidement.

On ne peut donc en conclure qu'aussi bien en matière économique qu'en matière écologique, c'est "après nous le déluge" pour les conservateurs.

Ça pourrait être leur slogan de campagne...


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