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La question identitaire et le PQ

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Je le précise d’entrée de jeu : j’aime bien Alexandre Cloutier. C’est mon député. C’est un jeune doté de grandes qualités (intelligent, articulé, près des gens) et d’une solide formation universitaire.

Mais ce jugement positif ne signifie pas que je suis d’accord avec toutes ses positions. Récemment, dans La Presse, on pouvait lire «qu’Alexandre Cloutier se présente comme le candidat du renouveau et de l’ouverture, par opposition à ce qu’il appelle la surenchère identitaire. Il dit craindre de voir le PQ devenir le parti conservateur de la ligne identitaire et se réfugier dans un nationalisme de ressentiment». Ce qui m’a fait sursauter. Je dirais même que j’en fus affligé.

Identité

Le projet d’indépendance du Québec (auquel j’adhère depuis 1959) est fondé depuis toujours sur l’existence et la présence, depuis 400 ans, en territoire québécois, d’une nation ayant une identité qui lui est propre. Sinon, le projet n’aurait jamais vu le jour. Si nos ancêtres s’étaient anglicisés, comme le recommandait lord Durham en 1840, personne n’aurait même rêvé d’un pays du Québec.

Si l’aspiration vers un Québec indépendant a toujours été présente dans notre histoire, c’est parce que le Québec n’est pas une «terre vierge», c’est le territoire d’un peuple qui y a vécu et qui y vit toujours une histoire qui lui est propre.

Et ce peuple s’est forgé au fil des siècles une identité. Et cette identité imprègne ses œuvres et ses actions. C’est elle qui s’exprime à travers sa langue, sa culture, ses traditions, ses valeurs, son patrimoine, son art de vivre, sa façon d’occuper ce coin de terre, ses racines judéo-chrétiennes, ses lieux d’habitation. C’est là ce qu’on appelle familièrement une patrie.

Et si l’on néglige cette tâche fondamentale de protection, de promotion et de transmission de toutes ces composantes de notre identité, on ne fait pas seulement fausse route, on renonce également à ce qui constitue, depuis ses origines, la raison d’être du projet d’indépendance.

Et ne venez pas me dire que ce patriotisme en est un de fermeture et de ressentiment.

Intégration et multiculturalisme

Au contraire, les Québécois que l’on dit «de souche» ont toujours, depuis des siècles, accueilli les nouveaux venus avec ouverture et les ont intégrés à la société d’accueil.

Que ce soit des Irlandais, des Écossais, des Libanais, des Italiens, des Haïtiens, ils sont devenus, au fil des générations, des Québécois à part entière.

De nos jours, c’est malheureusement cette intégration qui est en panne. Pourquoi? Parce que nous nous sommes englués dans le multiculturalisme, devenu l’idéologie dominante, constitutionnalisée dans la charte de Trudeau. Les nouveaux arrivants, surtout s’ils ne sont pas issus des nations occidentales, ont le droit, non seulement de promouvoir leur identité et leur culture, mais aussi de se constituer en communauté. C’est le communautarisme, qui gangrène présentement les vieilles nations européennes.

Je suis peut-être un réactionnaire attardé, mais le patriotisme n’est d’aucune façon de la surenchère identitaire, c’est un élan vital parfaitement légitime. Et il est au cœur du projet d’indépendance. Le mettre au rancart serait, pour le PQ, davantage qu’une faute, ce serait presque une trahison.

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