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Des travailleuses qui fournissent des repas aux élèves défavorisés de Montréal s'inquiètent de la fin de l'aide alimentaire

Celles qui fournissent des repas aux élèves défavorisés de la ville s’inquiètent de la fin de l’aide alimentaire

Cindy Pazos et Fatima Matrane
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins Cindy Pazos ( à gauche ) dont le fils bénéficie de l’aide alimentaire et qui travaille comme surveillante, et Fatima Matrane, cuisinière à la Maisonnée des Parents, un organisme situé dans La Petite-Patrie, perdront toutes deux leur emploi.

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«Mettez-en beaucoup, je n’ai pas mangé aujourd’hui.» Cette phrase, les travailleuses de la Maisonnée des Parents l’entendent trop souvent quand elles offrent un repas chaud à des élèves défavorisés. Et elles sont très inquiètes, alors que la mesure d’aide alimentaire sera abolie par la Commission scolaire de Montréal.

«Je ne sais pas ce qui va arriver à ces enfants-là. Ils se présentent l’estomac vide. Et le lundi, c’est pire», confie Anna Grimaldi, qui travaille depuis cinq ans pour la Maisonnée des Parents.

Chaque midi, elle et ses collègues de l’organisme situé dans Rosemont–La Petite-Patrie se rendent dans deux écoles primaires, apportent un repas chaud à 150 enfants, moyennant le coût de 2$ (1$ pour le repas et 1$ pour le service de garde).

« Qu’est-ce que ces enfants vont manger? Ils ont faim. le lundi, ils ne mangent pas, ils dévorent. » – Fatima Matrane

Une dizaine d’autres organismes aident chaque jour plusieurs centaines d’enfants défavorisés à Montréal, dans 14 écoles primaires et 4 établissements secondaires. Mais voilà que la CSDM annonçait mardi qu’elle ne pourrait plus financer ce service, pointant du doigt les compressions imposées par le gouvernement. La mesure prendra fin le 5 juin.

«C’est catastrophique, ça me met hors de moi», affirme Fatima Matrane, cuisinière et responsable de la sécurité alimentaire depuis plus de vingt ans à la Maisonnée.

Le sort des enfants

La dame de 64 ans perdra son emploi, comme sept autres employés qui font de la surveillance ou de la livraison. Mais c’est le sort des enfants qui l’inquiète le plus, raconte-t-elle, les yeux humides.

«On a des enfants dont les parents ont de la difficulté à payer les 2$ par jour, insiste Mme Matrane. Je sais qu’il va y avoir beaucoup de sandwiches au beurre d’arachide.»

Cindy Pazos est maman de deux enfants, dont un qui profite de cette aide alimentaire. Puisqu’elle œuvre également comme surveillante deux heures par jour, la semaine, elle est doublement touchée.

«Je ne sais pas ce qu’on va faire pour arriver. Si je me trouve un autre emploi, je devrai payer le camp de jour cet été... Et ça m’aidait beaucoup, cette mesure-là.»

L’aide alimentaire servait aussi de prétexte à l’organisme pour faire des visites à domicile et offrir d’autres services aux parents. «Il nous est arrivé de voir un seul matelas où s’entassait toute la famille, ou des petits matelas de sol... raconte la directrice générale de l’organisme, Lison Hovington. C’est tout le soutien aux familles qui est en péril.»

Il n’a pas été possible de parler à la présidente de la CSDM, aujourd'hui, pour avoir plus de détails sur ces coupes.

 

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