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S'adapter. Créer. Innover.

S'adapter. Créer. Innover.
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère

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Un collectif formé d’enseignants, de membres de direction d'école et de professionnels de l’éducation lance aujourd'hui le Manifeste pour une pédagogie renouvelée, active et contemporaine. Une question est au centre de leur démarche : préparons-nous adéquatement nos élèves à ce qui les attend au cours du prochain demi-siècle ?

Ils se nomment Marc-André, Sylvain, Marie-Andrée, Jocelyn, Josée, Marie-Claude, Catherine, Audrey et Anick. Ils sont les auteurs du texte. Je les côtoie sur les réseaux depuis plusieurs années. Ce sont des passionnés d'éducation. J'ai eu vent de leur projet voilà quelques semaines et j'avais hâte de lire le fruit de leurs réflexions. On peut en prendre connaissance sur le site www.pedagogieactive.com.

Sur le coup, je me suis dit que c'était une joyeuse réponse pour mon collègue Mathieu Bock-Côté. Le «nostalgique» Mathieu sévit ici et en France contre ceux qu'il appelle Les ennemis de l'école. Encore en guerre contre les «compétences transversales», il se bat contre les moulins à vent du «délire pédagogiste». Ce manifeste devrait lui donner de quoi réenfourcher son cheval de bataille préféré : hors de l'enseignement traditionnel, point de salut !

Pourtant, ce manifeste ne prétend pas faire la guerre contre l'enseignement systématique. Il souhaite simplement attirer l'attention sur quelques fractures scolaires qui posent problème et qui ne peuvent être résolues avec les mêmes solutions que celles d'hier.

« À l’heure actuelle, l’organisation scolaire tout entière repose sur la prétention que l’enseignant est au centre de toute activité de nature pédagogique, alors que nous estimons que c’est plutôt l’élève qui doit être placé au centre de ses apprentissages. Nous constatons quotidiennement, non sans une certaine tristesse, que les enseignants sont actifs dans leur enseignement alors que les élèves sont passifs dans leur apprentissage. »

Les auteurs souhaitent la fin de ce qu'ils nomment «l’enseignement spectacle». Les six critères incontournables qui apporteront selon eux «une formation contemporaine de qualité aux élèves» prennent en compte le fait que notre société est hyperconnectée. Tout au long du manifeste, on sent bien que l'utilisation de la technologie n’est pas une finalité en soi, mais qu'elle doit servir la pédagogie et les apprentissages.

On ne sera pas surpris d'apprendre que les auteurs du manifeste privilégient la mise en réseaux des enseignants et des élèves.

L'initiative de la démarche ne vient pas d'en haut; cela ne facilitera pas la tâche de ceux qui y verront un complot des prétendus «pédagocrates» qui sont supposés tout diriger de la tour du ministère de l'Éducation.

Nous voici donc ramenés dans un autre de ces épiques débats sur l'école. Celui-ci est engagé avec un peu plus de maturité, mais il ne manquera pas de subir l'épreuve des données probantes qui ont mis en lumière que la recherche ne carbure pas au même rythme que l'innovation.

N'empêche, cette courte lecture nous change des débats de structures et de budgets.

Et de plus, on y parle abondamment des élèves, le mot y étant mentionné au moins 24 fois.

On pourra les traiter de «pelleteux de nuages»... le collectif apporte par ce manifeste un leadership constructif qui mérite qu'on s'y attarde.

Une vidéo comprenant une discussion sur le sujet d'une pédagogie renouvelée, active et contemporaine complètera avantageusement la lecture du texte...

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