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C’est quoi ton rêve?

C’est quoi ton rêve?
illustration Christine Lemus

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J’ai accepté de répondre à un questionnaire pour un magazine, principalement parce que j’ai un ami qui aime se foutre de ma gueule lorsqu’il me voit dans une revue. Il prend l’article en photo, il vient la poser sur mon mur facebookien, le tout agrémenté d’une bonne blague sur mon cas, on rit de bon cœur et ça ensoleille ma journée d’écriture entre deux cafés. Et vive l’autodérision!

Dans le fameux questionnaire, on trouve une fameuse question: QUEL EST VOTRE RÊVE ?

Doux Jésus.

Je déteste cette question. Elle ne veut rien dire, elle ne sert à rien, elle peut rendre mal à l’aise. Allez! Posez cette question à votre entourage, vous verrez. On se met à chercher une bonne réponse comme si on était dans un quiz télévisé et que le chronomètre allait bientôt sonner!

Au-delà des «qu’en-dira-t-on», je n’ai pas ça, moi, UN RÊVE.

Gagner un Oscar!

Marcher sur la Lune!

Atteindre le sommet d’une montagne!

Bon, vous allez me dire que je ne suis ni une actrice ni une astronaute et que j’ai le cardio d’une femme de 98 ans, mais ce n’est pas ça le point!

J’admire les gens qui ont des objectifs précis et qui font tout pour y arriver. Ça doit être stimulant de se réveiller chaque matin avec un projet en tête, tout faire pour y arriver et espérer de tout son cœur que ça marche. Je vous envie.

L’envers de la médaille, c’est que j’ai vu des gens se dépenser et ne se retrouver avec rien. Un vide, un vertige, une déprime qui colle à la peau. Heureusement, la plupart d’entre eux finissent par se garrocher sur un autre défi qui leur redonne le goût de mordre dans la vie.

Mes rêves

Je croyais que je n’avais pas ça, un rêve. Jusqu’à ce qu’une amie me reproche... d’être une rêveuse!

Aussitôt dit, ça m’a replongée dans mon enfance! J’ai entendu mes parents, mes professeurs, mes amis répéter à qui mieux mieux: «Kim, elle rêve tout le temps. Elle est toujours dans sa tête. Toujours dans la lune. Kim, la rêveuse!»

Voulez-vous ben me dire ce qui a pu m’arriver pour que je croie que je ne sais plus rêver? L’âge adulte? La peur? Les désillusions?

Mais non. Je n’ai pas changé.

Je n’ai pas UN rêve, parce que je suis beaucoup occupée à rêver.

Je rêve de voir des paysages qui vont me couper le souffle.

Je rêve de voir une œuvre d’art qui va me faire pleurer.

Je rêve de rire aux larmes encore plusieurs fois dans ma vie.

Je rêve de me surprendre, de me dépasser et d’être fière de moi.

Je rêve d’avoir assez d’amour à donner à un enfant, et avoir la capacité de le rendre heureux et lui faire aimer la vie.

Je rêve de voir la science et la technologie changer le monde, pour le mieux.

Je rêve de voir le Québec être un pays. J’ai perdu confiance, mais ça reste ancré en moi.

Je rêve de voir ma société, prendre de meilleures décisions.

Je rêve de révolution, d’espoir, de justice sociale.

Je rêve de voir une femme à la présidence des États-Unis.

Je rêve de vraiment aimer qui je suis et me trouver belle pour vrai.

Je rêve d’avoir assez d’argent pour en faire profiter mes proches et les aider en cas de besoin.

Je rêve que quelqu’un puisse m’aimer toute une vie, même si c’est de loin.

Je rêve de créations, d’accomplissements, de dépassements.

Je rêve de résonance, de toucher les gens, d’être moins seule, de partager mon âme.

Je rêve de vivre sans peur.

Je rêve de vivre dans l’amour.

Je rêve de vivre sans trop de regrets.

Pas beaucoup de trophées, de médailles, de gloire et d’ovations dans mes rêves, mais je vous assure qu’ils n’en sont pas moins ambitieux. Car il n’y a pas plus grand rêve que d’avoir le courage de réussir sa vie.