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Interdiction de fumer sur les terrasses: des fumeurs d'accord

Des fumeurs voient d’un bon œil la révision de la Loi sur le tabac qui l’interdirait sur les terrasses

cigarette terrasses
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins Steve Landerman (gauche) essaie d’arrêter de fumer et voit d’un bon œil l’interdiction de la cigarette sur les terrasses. «Moi, ça ne m’arrêtera pas!» dit son ami Hugo Newman.

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Même si les restaurateurs et les tenanciers de bars sont outrés que le gouvernement veuille enlever le droit de fumer à leurs clients sur les terrasses, certains fumeurs y voient plutôt une belle occasion de réduire leur consommation.

«Je crois que c’est une bonne chose, ça va peut-être m’encourager dans la bonne voie!» affirme Mathieu Goudreau, qui vient tout juste d’éteindre sa cigarette, attablé à une terrasse sous le soleil montréalais.

Son amie Catherine Larose abonde dans le même sens. «Pour une question de santé, je crois que c’est une bonne idée», dit-elle, cigarette à la main.

«C’est normal, dans un sens, pour le respect des autres», croit aussi Steve Landerman, un fumeur qui tente d’éliminer cette mauvaise habitude.

Le gouvernement du Québec doit déposer «bientôt» un projet de loi visant à réviser la législation sur le tabac, a confirmé hier au Journal l’attachée de presse de la ministre Lucie Charlebois, déléguée à la Santé publique.

La révision de la loi devrait s’attaquer à l’interdiction de fumer sur les terrasses des bars et des restaurants, comme l’a fait récemment l’Ontario.

«On attend impatiemment le dépôt de ce projet. La loi aurait déjà dû être modifiée en 2010. Montréal est la seule grande ville canadienne qui permet encore de fumer sur les terrasses», affirme Geneviève Bois, de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.

Elle souligne que les dommages de la fumée secondaire sur les terrasses ont été prouvés scientifiquement.

« Hypocrisie »

Mais pour le président de l’Union des tenanciers de bars du Québec, Peter Sergakis, une telle interdiction relève de la pure «hypocrisie».

«Le gouvernement garde la cigarette légale, car il continue à faire de l’argent avec les taxes... C’est quoi, la prochaine étape, interdire de fumer sur les trottoirs et dans les parcs?»

Ce dernier dit avoir déjà subi une diminution de 25 % de son chiffre d’affaires depuis que la cigarette a été bannie des bars, en 2005.

L’Association des restaurateurs du Québec avait pour sa part appuyé, à l’époque, l’interdiction de fumer à l’intérieur des restaurants. Mais pour son porte-parole François Meunier, ce nouveau projet va trop loin.

«On pensait avoir atteint un juste équilibre en bannissant la cigarette à l’intérieur, mais en permettant aux restaurateurs d’accueillir une clientèle de fumeurs en aménageant une terrasse.»

Les fumeurs rencontrés hier se disent prêts à respecter cette interdiction si elle s’avère, mais certains font quand même remarquer le ridicule de la situation.

«C’est dehors, franchement... On pourrait tout interdire aussi, quant à ça!» ironise Hugo Newman, alors qu’il savoure sa cigarette.

 

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