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Les « campeurs » du cégep mangent dans les poubelles

Occupe toute
Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain Nicolas Lavoie (à droite) croit très fort en la nécessité de changer le mode de consommation de la société, notamment en arrêtant de gaspiller la nourriture. «Une croissance infinie dans un monde fini n’est pas possible», affirme-t-il.

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Nicolas Lavoie a laissé tomber le confort de son appartement et se nourrit désormais dans les poubelles, comme une centaine d’étudiants qui campent devant le Cégep de Saint-Laurent.

Nicolas Lavoie a laissé tomber le confort de son appartement et se nourrit désormais dans les poubelles, comme une centaine d’étudiants qui campent devant le Cégep de Saint-Laurent.

«Je pourrais m’acheter du caviar, et au lieu de ça je viens ici et je mange la nourriture des poubelles», rit Nicolas Lavoie, que Le Journal a rencontré récemment devant le Cégep de Saint-Laurent.

Cet étudiant en cinéma de 21 ans travaille avant ses cours et paye un loyer. Mais pour manifester contre la société de consommation et «montrer qu’il y a d’autres choix», il est venu planter sa tente dans le village «Occupe Toute». Près de 120 étudiants vivent désormais dans ce campement de fortune installé devant le Cégep du Saint-Laurent depuis le 20 avril, dans le cadre du mouvement étudiant contre l’austérité.

Et côté bouffe, il y en a assez dans les poubelles pour préparer trois repas par jour à tous les campeurs. Chaque jour, des «cueilleurs» volontaires fouillent les conteneurs de différentes épiceries, fruiteries et boulangeries aux quatre coins de l’île de Montréal.

Les étudiants n’ont pas voulu dire lesquelles, car la cueillette se fait souvent sans leur accord.

Comité Ricardo

Toutefois, sous le manteau, certains boulangers leur offrent les pains invendus, affirme Nicolas Lavoie.

De quoi permettre au «Comité Ricardo» du village, chargé de faire la cuisine, de préparer des omelettes aux patates, des salades ou servir des yoghourts. «Et personne ne vomit», précise Nicolas Lavoie.

Son ami, Sandro Gascon, confirme que tout est mangeable, à part la viande.

«Je ne comprends pas pourquoi les magasins mettent des dates de péremption sur les canes», s’interroge-t-il.

«Mais c’est fini le gaspillage, on peut tout récupérer», poursuit Nicolas Lavoie, tout en bricolant un espace détente près du village.

Les étudiants ont également aménagé une cuisine, un coin vaisselle, une agora et même une tour de surveillance en bois, ornée d’un drapeau noir. Ils utilisent des fours dans les appartements de certains campeurs et se lavent dans les vestiaires du Cégep.

Pas d’alcool, ni de drogue

Cela ne les empêche pas d’aller en classe tous les jours.

«On n’est pas contre l’école, on est contre les coupures dans l’éducation», clame Nicolas Lavoie qui souligne que l’alcool, le tabac et la drogue sont bannis du camp.

Le campement ne semble d’ailleurs pas générer de tension au Cégep. «Ils ne sont pas brimés dans leur droit de contestation, et nous on n’est pas brimé dans notre droit d’aller à l’école», estime Frédéric Fréchette, qui respecte le mouvement même s’il n’y participe pas.


Ce qu'ils défendent: 

(Lu dans un panneau où chaque campeur écrit sa cause)
 
  •  l’humanisme
  •  le Québec
  •  l’État providence
  •  les droits autochtones
  •  les expulsés de l’UQAM
  •  l’environnement
  •  David Desharnais

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