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L’ADN de Orr, Gretzky et Lemieux

Sherry Bassin voit en Connor McDavid un joueur digne des plus grands de l’histoire

Sherry Bassin a passé deux saisons avec les Nordiques de Québec, en tant que directeur général adjoint. On le voit avec l’entraîneur de l’époque, Pierre Pagé, à gauche.
Photo d’archives Sherry Bassin a passé deux saisons avec les Nordiques de Québec, en tant que directeur général adjoint. On le voit avec l’entraîneur de l’époque, Pierre Pagé, à gauche.

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OSHAWA, Ontario | Sherry Bassin œuvre dans le hockey depuis plus de 40 ans et des joueurs de hockey de grand talent, il en a vu. Par contre, il n’en a jamais vu un seul de la trempe de Connor McDavid.

L’actuel directeur général et propriétaire des Otters d’Érié, qui a remporté cinq fois le titre de l’OHL et participé à six reprises à la Coupe Memorial, n’a aucun doute sur le potentiel de son jeune protégé. Non seulement parce qu’il est un joueur de hockey hors de l’ordinaire, mais également parce qu’il possède une attitude digne des meilleurs.

«C’est un joueur spécial, mais c’est une meilleure personne encore. Chaque fois que je m’assois avec des recruteurs ou des directeurs généraux de la LNH et qu’ils me disent “as-tu vu ça?”, je leur réponds “oui, une centaine de fois”. Dale Hawerchuk m’a même déjà dit que Connor patinait comme Bobby Orr, voyait le jeu comme Wayne Gretzky et contrôlait la rondelle comme Mario Lemieux. Venant d’un joueur de sa trempe, ce n’est pas rien. Il a également remporté le prix du meilleur joueur étudiant de la ligue lors des deux dernières années. Il possède une attitude calme, mais intense. Il veut être le meilleur dans tout ce qu’il entreprend.»

SOUVENIRS DE LINDROS

Le dernier joueur junior ontarien qui a attiré autant l’attention a été Eric Lindros.

Sherry Bassin, DG Otters d’Érié
photo courtoisie
Sherry Bassin, DG Otters d’Érié

Et Bassin le connaît très bien. C’est lui qui l’a repêché, en 1989, alors qu’il était le directeur général des Greyhounds de Sault Ste-Marie. Comme il l’aura fait avec les Nordiques deux ans plus tard, Lindros avait refusé de se joindre à cette équipe, prétextant que Sault Ste-Marie était trop loin de sa maison.

Finalement, Bassin l’avait cédé aux Generals d’Oshawa, faisant le plein de choix au repêchage et de jeunes joueurs, en route vers la conquête de la Coupe Memorial, en 1991, à Québec.

UN CERVEAU À LA GRETZKY

Sherry Bassin ne se pose pas de questions lorsqu’on lui demande qui est le meilleur au même âge: Lindros ou McDavid? Il plonge même dans de vieilles lectures pour exprimer son point.

«Un livre intitulé Two-Second Advantage mentionne que les ordinateurs, contrairement au cerveau humain, ne peuvent résoudre les problèmes à l’avance. Par contre, les bons présidents de compagnie prennent les décisions à l’avance pour s’assurer que les problèmes n’arrivent pas. Dans ce livre, il y a un chapitre sur Wayne Greztky, et je suis persuadé qu’ils auront à en écrire un nouveau sur Connor McDavid. Il voit le jeu se dessiner avant tout le monde.»


2 ans à Québec

« J’ai été très bien traité »

OSHAWA, Ontario | Québec n’évoque pas simplement des souvenirs de la Coupe Memorial de 1991 pour Sherry Bassin. L’homme de 75 ans a également passé deux saisons en tant que directeur général adjoint des Nordiques de Québec, de 1993 à 1995.
 
Ce faisant, il occupait également le rôle de DG des Aces de Cornwall, le club-école des Nordiques.
 
«J’ai été très bien traité. Nous avons connu beaucoup de succès. Les opérations hockey étaient mon mandat et ça s’était bien passé. J’espère y retourner en tant que participant au tournoi de la Coupe Memorial.»
 
DES COURS DE FRANÇAIS
 
Bassin, natif d’Oshawa, s’exprimait très peu dans la langue de Molière lorsqu’il est arrivé à Québec en 1993. Il s’est alors mis à prendre des leçons de français intensives.
 
«Je me souviens que j’avais des cours à 7 h tous les matins. Je me débrouillais bien à la fin, mais j’ai malheureusement tout perdu», a raconté le sympathique bonhomme.
 
Pour lui, il s’agissait d’une marque de respect pour les gens de Québec, qui l’ont toujours bien traité.
 
«Je n’ai manqué de rien pendant mes deux ans à Québec et j’ai beaucoup de respect pour votre culture. C’était important pour moi d’apprendre le français.»
 
Témoin du départ des Fleurdelisés en 1995, Bassin s’est également informé sur la construction du nouvel amphithéâtre, soulignant espérer pouvoir le visiter si les Otters participent à la Coupe Memorial.
 
Ça, Monsieur Bassin, ça va dépendre de Connor McDavid.