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Quand Michelle Obama se défoule...

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Michelle Obama n’a pas été du genre à jouer dans le club des victimes de racisme depuis qu’elle est dans l’œil du public américain, mais ce n’est pas parce qu’elle n’en a pas souffert... Quelle démonstration éloquente, en fin de semaine, lors d’un discours qu’elle a prononcé en Alabama à l’occasion d’une cérémonie de collation des grades.


Devant les diplômés de l’Université Tuskegee, un auditoire majoritairement Afro-américain, la Première Dame s’est montrée étonnamment franche et directe au sujet des préjugés racistes qu’elle a dû subir, notamment lors la campagne présidentielle de 2008.


Parce qu’elle était potentiellement la première First Lady  Noire de l’histoire des États-Unis, elle a expliqué avoir enduré les pires insinuations « enracinées dans la peur et les fausses perceptions ».


« Est-ce que je prenais trop de place, que j’étais trop en colère, trop masculine? ». Ou, au contraire « trop pâte molle, trop bonne mère de famille et pas assez carriériste? »....


Michelle Obama a aussi raconté combien la une du New Yorker, publiée trois mois avant que son mari devienne Président, l’a frappée de plein fouet, l'a profondément blessée. Le célèbre magazine l’avait caricaturée coiffés de cheveux crépus et portant une mitraillette, cherchant à la dépeindre comme une terroriste radicale...


Elle n’a visiblement pas digéré non plus s’être fait traiter de « concubine Noire de Barack Obama » et de « mère célibataire » par la chaine conservatrice Fox News.


Femme de caractère et brillante avocate diplômée de la prestigieuse Université Yale, Michelle Obama n’a jamais été reconnue pour avoir la langue dans sa poche. On devine aujourd’hui combien elle a dû ronger son frein, se la fermer, pour ne pas nuire aux chances de son mari de devenir Président.


Dans la foulée des récentes histoires de Noirs abattus par des policiers aux États-Unis, elle a jugé le moment opportun de s’ouvrir.


Aux étudiants de Tuskegee,  elle a lancé cet avertissement :
« la route ne va pas être facile. Elle ne l’est jamais... en particulier pour vous et moi. Parce que même si nous sommes arrivés ici, la vérité est que les vieilles perceptions s’encrassent...»


Évidemment, dans leur quête de la Maison-Blanche, les Obama n’ont jamais pu jouer la carte de leur réalité d'être Africains Américains, voulant éviter à tout prix de devenir le Président et la First Lady des Noirs uniquement.


On peut imaginer que cette allocution de Michelle, ce week-end en Alabama, alors qu’elle et son mari se préparent à quitter définitivement la Maison-Blanche, fut des plus libérateurs pour elle... 


 

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