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Apprendre à lire en maternelle: une école de Québec a adopté la recette ontarienne

Quebec
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc À l'école Notre-Dame-du-Canada, les élèves apprennent à lire en maternelle.

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Il n’y a pas qu’en Ontario où les élèves apprennent à lire en maternelle. À l’école Notre-Dame-du-Canada, à Québec, l’équipe s’est inspirée de la province voisine et les enfants apprennent à déchiffrer leurs premiers mots dès l’âge de 5 ans.

Dans la classe de Mme Geneviève, la grande majorité des enfants de maternelle glissent dans leur sac d’école un livre à lire à la maison. En cette fin d’année scolaire, tous les élèves sont capables de lire des mots et des phrases simples.

«Les élèves les plus faibles ont au moins six mois d’avance sur ce qu’on apprend habituellement aux enfants de première année. Et on a des élèves plus forts qui ne sont pas loin d’avoir réussi l’équivalent d’une première année en lecture», affirme l’orthopédagogue Sonia Cantin.

La lecture dès 5 ans

Dans cette école située en milieu défavorisé, l’accent a été mis sur la lecture depuis quelques années, grâce notamment à un projet de recherche mené avec une équipe de chercheurs de l’Université du Québec en Outaouais. «On s’est basé beaucoup sur ce qui se fait en Ontario», explique la directrice, Madeleine Piché.

Le Journal rapportait dernièrement que la province voisine avait réussi à augmenter de façon spectaculaire son taux de diplomation, qui est passé de 68% à 84% en dix ans, en misant notamment sur la maternelle temps plein pour tous les enfants de quatre et cinq ans, où ils apprennent à lire et à écrire leurs premiers mots.

Les activités réalisées dans la classe de Mme Geneviève ressemblent beaucoup à ce qui se fait dans les écoles ontariennes, a constaté Le Journal. L’apprentissage se fait par le jeu. Pour apprendre la notion de syllabes, par exemple, les enfants sautent dans des cerceaux qui correspondent à chaque groupe de sons dans un mot.

«On voit des bonds phénoménaux en lecture. Et les enfants aiment ça, ils en redemandent», lance Geneviève Audibert, qui a complètement changé sa façon d’enseigner en maternelle.

Évaluation des élèves

Pour mesurer les progrès de ses élèves, l’équipe de l’école Notre-Dame-du-Canada utilise d’ailleurs un logiciel qui permet de les suivre à la trace. Les enfants de tous les niveaux, y compris de la maternelle, sont évalués au moins trois fois par année, ce qui permet de déterminer leur niveau de lecture.

L’enseignement est ensuite adapté selon le niveau de chacun, tout comme les livres qu’on leur met entre les mains. «On s’appuie beaucoup sur la recherche en éducation», affirme Mme Piché.

L’équipe-école travaille aussi en communauté d’apprentissage professionnelle (CAP), une formule gagnante qui est basée sur l’analyse de données et des stratégies d’enseignement adaptées. Régulièrement, les enseignants se rencontrent pour échanger et évaluer le progrès de leurs élèves.

Et la liste des bénéfices est longue. «Les enfants qui arrivent en première année sont plus confiants, ils sont plus autonomes, ils maîtrisent des stratégies pour s’aider lorsqu’ils rencontres des difficultés. Ils sont vraiment impressionnants!» lance Sonia Cantin, qui est souvent présente en classe pour donner un coup de pouce aux élèves du préscolaire et du début du primaire. Cette école peut d’ailleurs compter sur deux orthopédagogues pour soutenir ses élèves, un choix payant selon Mme Piché.

Freiner l'écart

En milieu défavorisé, les enfants qui arrivent en maternelle ont été beaucoup moins exposés à la littératie, rappelle Mme Piché. «On les fait progresser. On n’arrive pas nécessairement à rattraper tout le retard, mais on s’assure que cet écart ne grandisse pas si on travaille de cette façon.»

Mme Piché espère maintenant que ce qui a été mise en place dans son école pourra en inspirer d’autres. Ce n’est pas une question d’argent, mais plutôt de vision, dit-elle. Après tout, «la lecture est le premier prédicteur de réussite scolaire», rappelle Mme Piché, qui y voit une façon directe de lutter contre le décrochage scolaire.


 

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