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De jeunes diplômés sans perspective d’emploi

Audrey Moreau
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins Audrey Moreau ne sait pas où elle pourra trouver un emploi comme éducatrice spécialisée, même si les besoins sont énormes.

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Une jeune maman qui achève sa technique en éducation spécialisée regarde avec anxiété les compressions dans le milieu de l’éducation. Alors que les demandes ne cessent d’augmenter, les postes de relation d’aide à l’enfant sont abolis les uns après les autres.

Une jeune maman qui achève sa technique en éducation spécialisée regarde avec anxiété les compressions dans le milieu de l’éducation. Alors que les demandes ne cessent d’augmenter, les postes de relation d’aide à l’enfant sont abolis les uns après les autres.

Quand Audrey Moreau planifiait un retour aux études, il y a quatre ans, un orienteur lui a fortement suggéré le métier d’éducatrice spécialisée, qui jouissait d’un haut taux de placement.

«C’était vu comme un métier prometteur et avantageux si tu as des enfants», se souvient la jeune femme de 32 ans.

Aujourd’hui, elle achève sa formation et constate avec désarroi que les postes se font rarissimes. À l’école primaire de Notre-Dame-de-Grâce où elle termine un stage, l’éducatrice spécialisée devra travailler uniquement trois jours par semaine à compter de l’an prochain.

«Déjà, elle n’arrivait pas à voir tous les élèves qui en auraient eu besoin, affirme Mme Moreau. Des enfants avec des difficultés d’apprentissage qui ne sont pas diagnostiquées vont continuer d’avoir des lacunes au secondaire et sur le marché du travail.»

La jeune femme avoue qu’elle est découragée par les compressions, et ignore ce qu’elle fera. «J’envisageais le milieu scolaire, mais il y a peu de chances que ça fonctionne! Alors peut-être dans des centres d’adaptation ou le milieu communautaire, mais eux aussi sont affectés par les coupes!»

Les compressions touchent durement les employés de soutien (comme Mme Moreau) et les professionnels (orthophonistes, psychoéducateurs et psychologues, notamment) dans le milieu de l’éducation. Austérité oblige, la Commission scolaire de Montréal devrait abolir 170 postes, selon le nouveau plan des effectifs de la CSDM.

Partout au Québec

Et Montréal est loin d’être la seule région de la province touchée par ces compressions.

«Les commissions scolaires qui ne coupent pas de postes sont l’exception, en ce moment», affirme Karine Lapierre, porte-parole de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec.

Chez les orthophonistes, par exemple, qui sont de plus en plus nombreux à être formés, selon leur ordre professionnel, les offres d’emploi sont quasi inexistantes. «Plusieurs finissantes doivent envisager le privé comme une option étant donné le peu de postes disponibles au public», explique Emie Dessureault, qui termine sa maîtrise en orthophonie à l’Université de Montréal.

La FPPE représente 7200 membres à travers la province. Le Québec compte environ 13 000 éducateurs spécialisés.

 

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