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Fracturation et tremblements de terre

Pétrolia
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Seriez-vous inquiet si une industrie était identifiée comme cause de tremblements de terre?

Moi, oui.

Or, depuis quelques années, de plus en plus de tremblements de terre liés à l’exploitation des hydrocarbures par fracturation hydraulique ont été recensés à travers l’Amérique du Nord.

Oklahoma: de 2 par an... à 2 par jour.

En novembre 2011, un tremblement de terre d’une magnitude de 5,7 a eu lieu à Prague, Oklahoma, endommageant une douzaine de maisons et renversant une tourelle à l’université St. Gregory.

Depuis cet événement, des centaines d’autres tremblements de terre ont eu lieu dans la région, causant des dégâts de plusieurs millions de dollars et déclenchant une tourmente politique et financière. Jusqu’en 2008, cet État était confronté à un ou deux tremblements de terre de magnitude 3,0 et plus par année selon les données du U.S. Geological Survey (USGS). Or, la production pétrolière y a plus que doublé depuis 5 ans, passant de 140 000 barils à 360 000 barils par jour.

Ainsi, depuis le début de l’année 2015, l’Oklahoma a une moyenne de 2 tremblements de terre de cette magnitude ou plus élevée 2 fois par jour!!!

Le USGS voit un lien entre cette exploitation et une hausse significative du nombre de tremblements de terre. Plus précisément, elle voit un lien entre l’injection dans les puits de l’eau souillée générée par l’exploitation et ces secousses sismiques.

Or, de l’eau souillée, l’exploitation d’hydrocarbure par fracturation hydraulique en produit en quantité... industrielle. En effet, chaque baril de pétrole extrait nécessite 10 barils d’eau qui devient fortement contaminée et, plutôt que de la recycler, la plupart des exploitants l’enfouissent sous terre pour des raisons économiques.

Et cela ne se passe pas qu’en Oklahoma, mais aussi au Kansas, en Arkansas, en Ohio, au Texas et au Colorado.

Alberta: 231 «événements sismiques»

Le 21 janvier de cette année, un tremblement de terre d’une magnitude de 4,4  a été ressenti à Fox Creek, en Alberta. Cette région a aussi vu le nombre de ses tremblements de terre augmenter de façon importante depuis quelques mois. En effet, entre août 2013 et octobre 2014, Ressources naturelles Canada a enregistré 231 «événements sismiques» qu’elle dit liés aux activités gazières et pétrolières.

Québec: consultation sur les hydrocarbures

Le 15 juin aura lieu à Québec la table ronde sur les hydrocarbures en prévision de la nouvelle politique énergétique du gouvernement du Québec.

Il est écrit sur le site web de cette consultation: «Les nouvelles technologies d’exploitation des ressources fossiles ouvrent de nouvelles perspectives pour les formations géologiques pétrolifères, les shales, présentes au Québec, mais dont la mise en valeur était, jusqu’à récemment, non viable économiquement.»

La viabilité économique de l’exploitation des «shales» (aussi connus sous le nom de schistes) par fracturation hydraulique intégrera-t-elle aussi les coûts liés à la contamination des nappes phréatiques, la pollution atmosphérique, la sécurité, l’augmentation des GES, les impacts sur la santé de cette exploitation identifiés par l’INSPQ...

et les risques de tremblements de terre?

La question est posée.