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Il y a 25 ans, c’était l’enfer à St-Amable

Le brasier où près de six millions de pneus ont brûlé avait défrayé les manchettes sur la scène internationale

Il y a 25 ans, un incendie dans une montagne de pneus à St-Basile avait incommodé plusieurs personnes.
Photo d'archives Il y a 25 ans, un incendie dans une montagne de pneus à St-Basile avait incommodé plusieurs personnes.

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SAINT-AMABLE | Il y a 25 ans, le Québec tout entier retenait son souffle alors qu’un violent incendie ravageait près de six millions de pneus sur une vaste terre de Saint-Amable.

L’épais panache de fumée noire qui se dégageait du site du site était visible à des dizaines de kilomètres à la ronde.

Il se dirigeait vers Montréal et passait entre les ponts Jacques-Cartier et Victoria.

Les autorités craignaient pour la santé des citoyens, même si finalement peu de gens ont été incommodés.

Avant l’événement, cela faisait plus de trois ans que la Ville faisait pression sur le gouvernement pour qu’il démantèle le site. Le premier à avoir alerté les autorités à l’époque a été Serge Guertin.

«Je tondais le gazon, dans un parc quand j’ai vu un nuage de fumée noire, raconte M.Guertin, et j’ai tout de suite pensé aux pneus.»

Il y a 25 ans, un incendie dans une montagne de pneus à St-Basile avait incommodé plusieurs personnes.
Photo d'archives

Chaleur intense

Après avoir alerté les secours, ce col bleu, qui travaillait aussi comme pompier, s’est rendu sur le site.

«Là-bas, la chaleur était si grande que mes lunettes ont fondu», se souvient-il.

Pendant les quatre jours qu’a duré l’incendie, les pompiers ont été obligés de rester sur place.

En plus des pompiers des villes avoisinantes, ceux de Montréal et les forces armées étaient venus leur prêter main forte pour combattre le brasier Le feu a finalement été étouffé avec du sable.

Malgré la crainte, les pneus brûlaient à une température si vive qu’il n’y a pas eu de cas d’intoxication et à peine une dizaine de résidences ont été évacuées.

Le maire de Saint-Amable, François Gamache, pose avec un montage de pages du <i>Journal de Montréal</i> de 1990 qui titre que c’était «l’enfer à Saint-Amable.
Photo Le Journal de Montréal, Josée Hamelin
Le maire de Saint-Amable, François Gamache, pose avec un montage de pages du Journal de Montréal de 1990 qui titre que c’était «l’enfer à Saint-Amable.

Ça a marqué l’imaginaire

Le maire François Gamache était à l’époque un simple citoyen. «Ce dont je me souviens, c’est surtout l’ampleur de l’événement, souligne-t-il. On aurait dit que les yeux du monde entier étaient rivés sur Saint-Amable.»

Il mentionne que dans le temps, il n’y avait ni cellulaire et ni réseaux sociaux. «Beaucoup de gens voulaient savoir ce qui se passait chez nous», enchaîne-t-il. Il se rappelle que la municipalité avait même reçu des demandes d’entrevues d’Europe et de Chine.

«Partout, on parlait de la montagne de pneus qui brûlait.»

«Avant que cela ne se produise, tout le monde redoutait un tel événement, relate M. Gamache. Il estime que l’incendie a coûté 10 fois plus cher au gouvernement du Québec que s’il avait démantelé le site, comme le souhaitait la municipalité.

Difficile d’oublier

En voyage, lorsqu’on leur demande d’où ils viennent, les résidents de

Saint-Amable se font souvent dire : «ah oui, l’incendie des pneus», comme quoi l’événement a marqué l’imaginaire collectif et est encore bien ancré les mémoires.


Le recyclage des pneus

Depuis l’incendie des pneus de Saint-Amable, les automobilistes paient une taxe qui sert au recyclage des pneus. Ceux-ci sont maintenant transformés en tapis de caoutchouc et autres produits dérivés.


L’incendie de pneus en chiffres

4 à 6 millions de pneus entreposés sur une terre de Saint-Amable

2x10 | La terre mesurait 2 arpents de largeur par 10 arpents de longueur

40 pieds | Des pneus y étaient entassés jusqu’à une hauteur de 40 pieds

L’incendie s’est déclenché le 16 mai 1990

4 | Les pneus ont brûlé pendant 4 jours

12 millions $ | La décontamination du site a duré 3 ans et a coûté 12 millions $ au gouvernement.

57h | Il a fallu plus de 57 h pour éteindre le brasier, qui a finalement été étouffé avec du sable

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