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La Guerre, Yes Sir!

PKP
Photo Agence QMI, Andréanne Lemire

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C’est ce titre d’un roman célèbre de Roch Carrier publié en 1968 qui décrira sans doute le climat politique au Québec avec l’élection de PKP à la direction du PQ.

C’est ce titre d’un roman célèbre de Roch Carrier publié en 1968 qui décrira sans doute le climat politique au Québec avec l’élection de PKP à la direction du PQ.

Car en devenant le chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, le politicien le moins évident et le plus mutant à vrai dire des dirigeants péquistes cristallisera autour de sa personne tous les fantasmes et toutes les diabolisations des adversaires du bon vieux séparatisme apparu avec la création du Rassemblement pour l’indépendance nationale en 1960.

Le pouvoir à tout prix ?

Car le chef du PQ n’a qu’un objectif, celui de séparer le Québec du Canada. PKP possède un atout qu’aucun autre politicien actuel ne possède, celui de bouder le pouvoir. En ce sens, il est le membre le moins électoraliste de l’Assemblée nationale. Il faut le croire lorsqu’il affirme que diriger le gouvernement comme l’ont fait avant lui ses prédécesseurs ne l’intéresse guère. D’autant plus que sa courte expérience parlementaire l’a plongé dans la déception et l’ennui. Car l’homme a goûté du pouvoir, le vrai, le pouvoir de celui qui prend les décisions, écarte les opposants trop critiques ou trop frileux.

À Québecor, PKP était le maître, comme le fut avant lui son père, et ainsi l’on peut dire qu’il est le digne fils de ce dernier. La prudence qu’il a manifestée en affaires ne l’a aucunement inspiré lorsqu’il a pris la décision solitaire de faire le saut en politique. L’explication est simple. PKP est un croyant, un homme de foi. Il croit à l’indépendance du Québec comme d’autres croient en Dieu.

En affaires, l’on évalue les risques toujours présents dans les décisions, mais la raison demeure un moteur puissant. Plonger en politique en 2014 avec comme objectif unique l’indépendance du Québec est plus qu’un saut dans l’inconnu. Car tous les indicateurs sociaux, politiques, démographiques montrent qu’il est désormais mathématiquement impossible de croire qu’une majorité de Québécois consentirait à dire oui à une question claire, directe et sans état d’âme: «Êtes-vous en faveur de l’indépendance du Québec, oui ou non?»

L’appui des francophones

PKP a l’appui d’un nombre de Québécois, essentiellement des francophones de souche, disons-le clairement, qui ont rêvé le pays et sont incapables d’envisager la mort, ayant fait le deuil de leur rêve devenu une douleur permanente depuis les deux défaites de 1980 et de 1995. Les jeunes dont les plus militants et les plus activistes ont rejoint les mouvements d’extrême gauche allergiques au nationalisme, néolibéral à leurs yeux, semblent déserter l’option indépendantiste. Au Québec, l’immigration assure l’avenir démographique, mais joue contre la souveraineté, que les nouveaux arrivants rejettent dans des proportions semblables à celles des Anglo-Québécois.

Pourquoi, dans ce contexte, l’arrivée de PKP à la tête d’un PQ à l’avenir plus qu’incertain crée-t-elle une telle onde de choc? La haine couve chez ses adversaires à gauche comme à droite, chez les anglophones comme parmi les francophones. L’homme ne se comporte pas comme un porteur d’eau; il n’est ni humble, ni soumis. Et il est très riche. Si le séparatisme québécois ne fait plus peur au Canada, l’homme qui l’incarnera dé-sormais, lui, en inquiète plus d’un.

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