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Réussir grâce au soutien des professionnels de l'éducation

Pour finir son secondaire, une jeune autiste a bénéficié de l’aide de professionnels qui feront les frais de l’austérité

Catherine Boone Deschambault
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins Catherine Boone Deschambault a très hâte d’enfiler sa belle robe à l’occasion de son bal des finissants, dans quelques semaines.

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Catherine Boone Deschambault, 16 ans, rêve comme toutes les adolescentes de son âge de son bal de finissants imminent. Mais c’est plutôt un exploit pour la jeune fille autiste, qui attribue son succès au soutien de professionnels de l’éducation, ces mêmes travailleurs qui feront les frais des compressions.

«L’ancienne moi n’aurait jamais pu faire tout ce que je fais aujourd’hui, elle aurait été trop gênée et pas assez indépendante», reconnaît-elle, très lucide.

La jeune fille, qui a reçu un diagnostic de trouble envahissant du développement à l’âge de 5 ans, a été très épaulée au cours de son parcours scolaire dans une classe normale, en Montérégie. Elle souffre également de dyspraxie, ce qui affecte sa capacité à s’organiser.

«Depuis quelques années, elle est allée chercher une maturité, une autonomie, elle nous jette par terre! lance fièrement sa mère, Nancy Boone. Je suis sur un nuage depuis qu’elle a été acceptée au cégep.»

Pour la mère et la fille, le succès de l’adolescente qui entrera en septembre dans un programme d’animation 3D repose en grande partie sur les épaules des orthopédagogues, psychoéducatrices et techniciennes en éducation spécialisées qui l’ont suivie depuis son primaire. Elles l’ont aidée à s’outiller pour planifier ses travaux, passer ses examens et développer des liens sociaux avec ceux qui l’entourent.

«L’orthopédagogue m’a beaucoup aidée avec ma grammaire, et je crois que sans ces outils, je n’aurais pas pu passer mon français», explique Catherine.

Cibles des compressions

Ces travailleurs, qui entrent dans la catégorie des professionnels de l’éducation, seront particulièrement touchés par les compressions en éducation imposées dans le dernier budget du gouvernement québécois.

Selon leur syndicat, près de 250 postes à temps complet seront abolis dans les commissions scolaires de la province, et ce sont les élèves en difficulté qui en écoperont durement. La Commission scolaire de Montréal abolira à elle seule près de 70 postes.

Selon la présidente de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec, Johanne Pomerleau, ces coupes se traduiront par une forte augmentation du décrochage scolaire, alors que les besoins augmentent d’une façon fulgurante. Elle demande donc au ministre de l’Éducation, François Blais, de reculer.

Marché du travail

Sans ces précieuses alliées, Catherine n’aurait probablement pas fini son secondaire, selon sa mère, et se serait peut-être tournée vers un diplôme d’études professionnelles.

«Je me disais souvent que je ne pourrais pas passer mes examens si je continuais comme ça, que je ne pourrais jamais réussir», raconte Catherine.

Mais maintenant, elle a très hâte de commencer le cégep, pour accéder à son plus grand rêve: travailler dans une entreprise de jeux vidéo.

«Je pense que c’est l’aboutissement de toutes ces choses qu’on a mises en place au cours des années, qui font qu’aujourd’hui, vous avez cette jeune fille-là devant vous», dit Mme Boone, émue.

 


Des coupes sans précédent pour 2015-2016

  • À la Commission scolaire de Montréal, les prochaines abolitions de postes représentent une baisse de 10 % des effectifs.
  • Il n’y aura plus qu’un psychologue pour 2200 élèves à la CSDM.
  • Dans la région du Bas-Saint-Laurent, les élèves subiront une diminution de 15,6 % du personnel professionnel.
  • Dans la Haute-Côte-Nord, les coupes représenteront une baisse de 12 % des services de professionnels.
Source: Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec

 

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