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La Croatie d’un sommet à l’autre

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TROGIR, Croatie | La Croatie, ce n’est pas que Dubrovnik, la perle de l’Adriatique, et Zagreb, sa capitale pleine de charmes. Nouvelle destination à la mode depuis son retour à la paix, la Croatie attire les foules de partout dans le monde ainsi qu’un nombre grandissant de marcheurs qui envahissent ses magnifiques parcs nationaux et leurs réseaux de sentiers.

Située à l’est de l’Italie, la Croatie est connue pour ses plages parsemées au fil de 1750 km de côte et 1185 îles. Ces dernières de même que toute la frange côtière qui fait partie des Alpes présentent un relief souvent très escarpé et un couvert forestier dense qui se prête à merveille à la randonnée pédestre. Plusieurs parcs nationaux, tant sur la terre ferme que sur les îles, préservent cette nature d’une grande richesse. On peut les visiter en suivant un circuit qui permet de consacrer une à deux journées à chacun d’eux, avec des déplacements de quelques heures sur un réseau routier de qualité et en utilisant régulièrement le service national de traversier. À cela s’ajoutent quelques pauses dans des villes historiques fabuleuses.

L’île de Plivitce

Quand elle sort des villes, où va la masse des touristes? Au parc national des lacs de Plivitce. Près d’un million de voyageurs défilent sur les kilomètres de magnifiques promenades de bois de ce parc figurant dans le patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979. À l’intérieur de ses 296 km2, on vient y admirer seize lacs poissonneux aux eaux d’une couleur turquoise qui dévalent cette partie des Alpes dinariques en 92 cascades et rivières se déversant au creux d’une multitude de bassins calcaires. Ce décor féerique avec ses chutes d’eau qui se noient au sein d’une végétation envahissante n’a de cesse de nous émerveiller et même s’il pleuvait à verse durant notre passage, nous avons été carrément éblouis.

L’île de Paklenica

Installés trois nuits à Seline, près de Zadar, nous avons abordé de front deux jours de randonnées beaucoup plus sérieuses. Paradis d’escalade et d’alpinisme, le parc national de Paklenica abrite un immense domaine forestier (95 km2). On y retrouve une faune et une flore diversifiées au sein d’un décor montagneux grandiose qui partage avec quelques autres parcs croates cette particularité de s’ouvrir sur la mer lorsqu’on s’élève sur les hauteurs. Les randonneurs découvrent ici de quoi s’occuper durant plusieurs jours. Une toile de sentiers de courte et de longue randonnée. Un réseau de refuges en montagne ainsi que des curiosités naturelles impressionnantes comme la grotte Manita Pec qui fait 175 mètres de longueur et qui contient des concrétions calcaires extraordinaires. La perspective sur les sommets du massif du Velebit nous émerveille à chaque détour des sentiers.

L’île de Krka

Un peu comme Plivitce, le parc national de Krka (prononcer «karka») présente de merveilleuses chutes d’eau et tout un réseau de cascades au milieu d’une forêt débordante. Toutefois, la différence tient au fait que ce milieu a été habité depuis la préhistoire et qu’on y visite maintenant plusieurs bâtiments historiques (moulin à grain, bassin de lavage, canal d’amenée et petit musée). Les visiteurs sont également nombreux à se baigner dans les eaux auxquelles on prête des propriétés thérapeutiques.

L’île de Split

Après Dubrovnik, le centre-ville historique de Split est l’étape la plus prisée des touristes en Croatie. Lorsque plusieurs bateaux de croisière y accostent, les visiteurs marchent au coude à coude à l’intérieur du Palais de Dioclétien qui abrite presque tous les trésors de la ville en faisant office de fortification. Il s’agit en réalité d’une ville dans la ville avec ses vestiges romains, sa cour intérieure et sa cathédrale. L’influence des nombreux occupants (Byzance, Venise, Vienne, Autriche, France) demeure visible partout dans l’architecture et dans l’aménagement de cette cité qui se veut un véritable musée vivant. Son port sur l’Adriatique reste des plus actifs. Les marcheurs qui s’écartent un peu du palais peuvent franchir le long escalier du mont Marjan jusqu’au cimetière juif, sur une terrasse d’où l’on admire la plus belle perspective qui soit sur la ville.

L’île de Brac

De Split, on prend le bateau direction île de Brac. Une terre où il ne semble pousser que les pierres, mais qui donne une huile d’olive recherchée. Un sentier relativement difficile et rocailleux, comme tous les autres, nous mène au monastère de Blaca que les religieux ont quitté, mais dont la visite commentée par un résident du village est aussi fascinante qu’amusante.

L’île de Trogir

On ne fait pas la différence entre Trogir l’île et la ville du même nom tellement cette dernière loge étroitement sur l’autre. Seul un pont de quelques mètres sépare Trogir du continent. Ce sont les Grecs, trois siècles avant l’ère chrétienne, qui s’y installèrent d’abord. Aujourd’hui, le tourisme constitue 50 % des revenus locaux alors que la petite île compte plus de 20 000 lits. Mais il n’y a pas que ça. Château, place forte, palais, ruelles étroites, large quai où on a construit des bateaux jusqu’en 2004, Trogir possède un charme fou. Les terrasses ceignent la ville et on y veille tard en regardant les passagers des petits bateaux de croisière luxueux qui font la fête sur les ponts.

L’île de Biokovo

De l’intérieur des terres, les sentiers du parc national du Biokovo nous font accéder, après de grands efforts, à la crête montagneuse qui s’effile sur la côte de la Dalmatie. Le spectacle de la presqu’île de Peljesac et des îles dispersées sur l’Adriatique restera le moment le plus intense de tout le voyage. Le recours à un guide s’avère essentiel dans cette région très peu balisée et sur des sentiers rocailleux où la randonnée se confond parfois à l’escalade. Les possibilités d’hébergement chez l’habitant ajoutent un cachet humain et culturel des plus agréables.

L’île de Mljet

Mljet est une de ces îles où l’on navigue à partir de Korcula, la belle cité antique. Des hordes de touristes y débarquent pour se baigner dans les eaux chaudes et salées des lacs qui font partie de son parc national.

Ce dont nous ne nous priverons pas après l’ascension du plus haut sommet à partir duquel on peut parfois deviner la côte italienne. Souvent, en Croatie, la baignade récompense les randonneurs qui ne doivent jamais oublier d’ajouter le maillot et la serviette de plage dans leur sac à dos. Tout comme les excellents vins croates qui accompagnent divinement des repas malheureusement toujours trop salés. Comme quoi on ne peut pas tout avoir!


Le voyage décrit ici fait partie du forfait «Parcs nationaux, des montagnes à la mer» est offert par Terres d'Aventure (terdav.ca). Quelques voyagistes québécois et français proposent des circuits comparables.